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    Ce Que j'ai vu et pourquoi j'ai menti, de Judy Blundell

     

     

    Comme toujours, entendre la voix de ta mère qui te crie en bas des marches : "J'ai une surprise !" et descendre quatre à quatre pour découvrir la géniale enveloppe de Gallimard Jeunesse, ça t'a fait littéralement sauter de joie. C'est toujours le même plaisir que de recevoir un livre à chroniquer, ne serait-ce que parce que cela te rappelle la confiance et le temps que témoigne Gallimard à quelques heureux élus... Quel bonheur ! Bon, forcément, ça t'a fait bizarre de découvrir un paquet aussi léger, bien plus petit que celui de Terrienne. Tiens, un livre dont la couverture n'est pas blanche, cela faisait longtemps. Tu connais cette couverture, tu l'as vue en photo sur le site de Gallimard. C'est vrai que le livre de Judy Blundell ne t'avait pas particulièrement attirée, tu ne sais pas trop pourquoi, peut-être parce que tu as toujours eu du mal avec les couvertures qui ne sont pas des dessins mais des photographies de personnes réelles. Tu as lu le résumé, curieuse, mais là non-plus, il ne révélait pas grand-chose et n'était pas particulièrement attrayant. Mais tout de même, le livre sentait bon - oui, c'est important, un livre qui sent bon. Tu aimes beaucoup, quand tu découvres un écrit, faire défiler ses pages à toute allure en sentant leur caresse sous ton pouce, et glisser tes narines tout près, humer le doux fumet qui s'en dégage... Etrangement, chaque livre semble avoir son odeur. Certains sentent le bon papier, la bonne encre, et c'est généralement bon signe, alors que d'autres semblent plus fades ou carrément ont mauvaise odeur. C'est un peu comme comparer deux sachets de foin : c'est la même plante et pourtant, l'un porte en lui le parfum des alpages, avec tout ce qui va avec : rayon de soleil d'été, couleurs chatoyantes des fleurs sauvages, bruit étouffé du lourd sabot des vaches qui se pose dans les champs... ; et puis l'autre qui ne sent rien, ou pire, le rance, le sec. Il y a dans l'un l'odeur de la vie et du monde, et dans l'autre un vide, un rien qui vous désarçonne...

    Ce Que j'ai vu et pourquoi j'ai menti, lui, sentait bon. Et même, très bon. Tu as senti une sorte d'odeur coulante, épaisse, qui glissait comme un courant d'air sur tes papilles et ton palais pour aller s'épaissir au fond de ta gorge, comme si tu avalais l'ombre du miel ou du beurre, le sirop d'un parfum. C'est le papier, c'est l'encre, c'est le début d'une intrigue... Alors tu as ouvert le précieux petit ouvrage et tu as commencé ta lecture.

     

    « L'allumette a craqué et s'est embrasée. Je me suis réveillée. J'ai entendu maman inspirer en prenant une longue taffe de sa cigarette. Ses lèvres collaient au filtre, elle avait donc encore du rouge à lèvres. Elle avait passé une nuit blanche. »

     

    Premiers mots, premières phrases dont on s'aperçoit qu'ils appartiennent à une scène volée dans le futur d'une histoire qui débute en fait quelques semaines plus tôt, à la fin des grandes vacances. Evie est une jeune fille de quinze ans dont le père a quitté sa beauté fatale de mère avant sa naissance. L'adolescente ne te laisse pas indifférente, elle ne mesure pas sa beauté timide que sa mère participe grandement à dissimuler en ne remarquant pas qu'Evie grandit et en lui faisant malencontreusement de l'ombre, tant la jeune femme, Beverly, brille comme un soleil. Mère à 17 ans, elle est encore très jeune et rayonne, dans chacun de ses gestes ; à côté, Evie se sent transparente et n'arrive pas à s'affirmer. Tu te sens proche de cette enfant qui ne parvient pas à grandir, effacée, quelque peu solitaire et dont la personnalité reste difficile à cerner. Elle est attachante mais... comment se sentir complice avec une enfant qui est si distante qu'elle obéit toujours à ce que lui demande cette mère angélique qu'elle aime tant, allant jusqu'à négliger ses propres désirs ? Voilà le problème d'Evie : on a du mal à réellement l'apprécier. On l'aime bien, on la comprend, mais il est difficile de s'attacher plus à elle, il n'y a pas cette petite étincelle qu'il peut parfois y avoir avec d'autres personnages, dans d'autres livres. La manière d'Evie de raconter l'histoire, sa manière de réagir et de souvent s'abstenir de juger clairement les choses, sa faiblesse, finissent par te désarçonner, comme si elle parvenait, au-delà des pages, à être transparente même pour toi. Et comme on voit toute l'histoire à travers ses yeux, c'est toute l'histoire qui semble transparente, un peu hermétique ; elle se lit bien, cette histoire, mais on ne la déteste ni ne l'adore, c'est un peu... neutre. L'intrigue est pourtant intéressante, avec cette histoire d'amour qui débute, cette ambiance de vacances sous les cocotiers dans un hôtel au luxe un peu défraîchi, juste après le guerre 39-45. C'est vrai que le thème des vacances luxueuses dans un pays chaud, ici la Floride, est assez exploité dans d'autres livres et contribue à ajouter une touche impersonnelle dans le roman, mais malgré cela, l'ombre du mystère, l'arrivée de Peter, beau jeune homme aux allures de prince charmant, la découverte de terribles secrets, et puis une aventure qui devient de plus en plus horrible de telle sorte qu'elle détruit petit-à-petit l'enfant qu'est Evie, tout cela aurait pu être croustillant et très intéressant. C'est un roman d'apprentissage, un vrai, dans lequel l'adolescente finit par être forcée de devenir bien plus adulte que... les adultes. Tout cela, en un mois et-demi. Et dans une ambiance d'après-guerre qui pourrait plaire. Seulement voilà, il y a la barrière de la narration trop impersonnelle et de ces personnages auxquels on n'arrive pas à s'attacher réellement. On plonge dans l'enfer d'une famille qui semblait pourtant si parfaite avec une certaine distance, car on n'arrive pas à entrer, à plonger tête la première au coeur de l'histoire ; tu as eu l'impression de vouloir y entrer, mais de te heurter à un mur qui te permettait seulement de suivre l'intrigue à distance raisonnable, de telle manière que tu ne ressentes pas toi-même les sensations des personnages. Voilà, c'est ça, tu n'as pas pu te mettre à leur place. Il manquait cela. Tu as bien aimé les découvertes que tu as faites, bien aimé les révélations et les mystères qui planent jusqu'au bout pour te permettre de te faire ta propre idée de la réalité. Mais tu n'as pas eu l'impression, comme avec d'autres livres, d'oublier qui tu étais, où tu étais, pour fusionner avec l'oeuvre. Tu pouvais sortir du livre très facilement, il suffisait qu'une mouche vienne se poser sur ta main pour que tu te déconcentres et que tu doives reprendre ta lecture quelques lignes plus haut, pour mieux comprendre.

    A cela, tu ajoutes aussi une petite remarque à propos des prolepses, assez nombreuses au début du roman, du style : « Je ne savais pas encore que nous étions poursuivis » ou « C'est à partir de ce moment-là que tout basculerait ». Bien des fois, ces prolepses t'ont mis l'eau à la bouche, tu t'es dit : « chouette, voilà que les choses accélèrent, le suspens est au rendez-vous », et pourtant, l'événement annoncé t'apparaissait bien peu important par-rapport à ce que ces petites phrases semblaient en dire. Sur le moment, on est déçu ou simplement dans l'incompréhension : on ne comprend pas où l'auteure veut en venir.

     

    En fait, Ce que j'ai vu et pourquoi j'ai menti a ce défaut-là qu'il semble n'être écrit que pour la révélation de la fin : si on ne la lit pas, on pense qu'on a lu un petit livre sympathique qui n'avait aucun but à démontrer, écrit un peu « gratuitement » en quelque sorte, même si l'expression peut paraître dure. Le problème, c'est qu'on ne peut pas en vouloir à l'auteure : elle a choisi une narratrice dont le caractère se devait d'être ainsi, pour qu'on la voit évoluer au cours du roman, que l'on remarque bien la différence entre le début et la fin, que le lecteur vive l'intrigue avec la même naïveté et soit surpris, choqué, par les révélations de la fin, tout comme Evie. C'est pour cela que tu ne peux pas dire que tu n'as pas aimé cette oeuvre : elle est intéressante par ce qu'elle démontre mais le risque, c'est qu'on s'en désintéresse avant la fin, bien qu'il ne soit pas spécialement ennuyeux, mais pas non plus entraînant. Neutre, encore une fois.

     

    Ton impression finale, c'est celle d'un bon roman d'apprentissage, qui se lit bien mais qui par son essence même, ne conduira peut-être pas le lecteur à un véritable coup de coeur. 

     

     

     

    Chronique réalisée pour le compte de Gallimard Jeunesse sur leur site : http://groups.skyrock.com/group/8a2m-ON-LIT-PLUS-FORT-Harry-Potter-Fantasy/1 (pas encore publié par le chroniqueur officiel)

     


     

     

     

     


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  • Un temps de chien

     

    1) Lapins de garenne

     

    J'ai eu quelques aventures avec des lapins sauvages, aventures qui m'ont d'ailleurs assez marquée. Il se trouve qu'un des chats du voisin est bon chasseur et, un jour, alors que j'étais encore à l'école primaire, il est arrivé avec un jeune lapin dans la gueule. Nous croyions tous qu'il était mort, mais lorsque le chat l'a posé, le lapin a détalé dans la rue. Tous les enfants qui jouaient là lui ont alors couru après, et je ne sas pas comment, je me suis retrouvée en tête du groupe. Finalement, le petit lapin terrorisé a été acculé près d'un mur et je suis arrivée sur lui en même temps qu'un garçon. Nous nous sommes regardés pendant une fraction de seconde, puis nous nous sommes baissés et je l'ai attrapé en première. Le petit animal tremblait dans mes bras, j'avais peur qu'il soit blessé. Je suis remontée jusque chez moi avec le garçon sur les talons, qui voulait le porter aussi. Je suis rentrée et ma mère, en voyant la boule de poils, a crié "C'est un rat ??". 

    Le lapin ne semblait pas blessé, mais il avait tellement peur qu'il m'a fait pipi dessus. Le pauvre, je ne l'ai pas aidé à se calmer, j'ai réagi en l'éloignant de moi à bout de bras, comme dans Le Roi Lion, pour qu'il achève de faire pipi autre part que sur mon manteau... J'aurais dû le laisser contre moi, ça aurait limité le stress. Heureusement que ma mère a eu la bonne idée d'aller le relâcher loin dans la campagne, pour qu'il puisse souffler un peu. Il a aussitôt détalé !

     

     

    Nightshade, d'Andréa Cremer =(

     

    Plusieurs années ont passé, jusqu'à l'année de mes quatorze ans. C'était à la Toussaint, les vacances venaient de commencer. Notre jeune voisine est soudain venue sonner chez nous avec un nouveau bébé lapin dans les bras, tout aussi terrifié, en disant que son chat le lui avait ramené mais que ses parents ne voulaient pas s'en occuper. J'ai couru chercher la cage de transport de Clochette, ma chatte, et y ai mis du sable, puis la petite voisine y a déposé le lapin. En un quart de seconde, un nuage de poussière a volé et quand il s'est dissipé, le lapin avait disparu ! J'ai cherché partout avant de m'apercevoir qu'il n'avait pas quitté sa cage : il s'était dissimulé entre le sac poubelle qui tapissait le sol de la cage, et la paroi de la cage. Il l'avait fait vraiment vite, c'était bien trouvé ! 

    Nous avons gardé le petit animal en observation pendant plusieurs jours, le temps qu'il se remette complètement. Je l'ai nourri avec des pommes, des poires et des carottes que je coupais en morceaux et qu'il dévorait dès que j'avais le dos tourné. Ce n'était pas une très bonne idée, je l'ai appris plus tard, car les lapins ont un estomac très fragile et il faut éviter de modifier leur régime alimentaire. Or, un lapin sauvage ne mange pas des carottes ou des poires... Mais le nôtre ne semblait pas malade. Au contraire, de jour en jour il paraissait en meilleure santé. Des fois, j'allais dans la salle de bain où nous avions mis la cage, et je le faisais sortir pour l'aérer un peu. Il était vraiment adorable avec ses oreilles toutes droites, ses grands yeux noirs, ses grosses pattes arrières et son insatiable curiosité ! Il surmontait sa peur pour explorer, il fouinait partout, c'était très drôle.

    Une fois, il est tombé dans la baignoire en voulant grimper sur les bords glissants. La première fois que c'est arrivé, je l'ai porté et l'ai reposé sur le carrelage, mais il semblait s'en amuser. Quand il est retombé, il a fouiné dans la baignoire et d'un coup, il a fait un bond prodigieux et s'en est sorti tout seul. J'ai éclaté de rire.

    Finalement, nous l'avons relâché à la fin des vacances, dans un champ. Il ne voulait pas sortir de la cage, mais il a fini par reprendre goût à la liberté et a filé dans un buisson. Je lui ai laissé de la nourriture mais il ne l'a pas mangée. Je ne sais pas s'il a survécu, je ne peux que me contenter d'espérer que oui...

     

    2) Thalie

     

     

    Salut !! Moi c'est Thalie !! Quoi, pourquoi vous rigolez ? Oh, ça va hein, c'est pas moi qui ai pris la photo, et puis vous savez quel âge j'avais, là-dessus ? Quatre mois, parfaitement messieurs-dames. Je vous rassure, je ne suis plus aussi bouboule maintenant, ça non, Maman (enfin, ma maîtresse, mais elle me gronde souvent comme une mère alors bon, j'ai pris l'habitude de l'appeler Maman...) ne me nourrit jamais trop, d'ailleurs qu'est-ce que ça m'énerve ! J'aimerais bien manger à longueur de journée, si je pouvais, m'enfin ce n'est pas de son avis. Rabat-joie. Mais reprenons. Alors voilà, à l'époque de cette photo, je n'ai pas encore de nom. Je vous raconte mon histoire ? Oh si, dites oui, dites oui ! J'adore raconter mon histoire, j'adore qu'on me regarde et qu'on m'écoute, de toute façon ! C'est oui ? Oh, merci !!!

    Vous ne le regretterez pas, ma vie est passionnante, sans vouloir me vanter. Si-si, je vous assure !

    Bon alors, commençons par le commencement : la vie de Maman avant mon arrivée. Une vie d'humaine, quoi : flanquée dans son petit studio, elle fait ses études dans une grande ville et sa famille lui manque. Quand je dis sa famille, je parle aussi de la chatte, Clochette, parce que Maman, elle a toujours adoré les animaux et je crois qu'elle ne peut plus s'en passer. Déjà que ses propres parents et ses soeurs lui manquent terriblement, alors en plus, si elle ne peut pas câliner une boule de poils, elle en devient folle ! C'est cool pour moi, ça, d'ailleurs, parce qu'elle en a, de la tendresse à revendre, du coup !

    Bref, passons aux choses sérieuses : moi. Ben oui, les vies d'humains, c'est pas ce qu'il y a de plus passionnant !

    Maman fait donc des recherches pour savoir quel animal lui conviendrait le mieux dans un espace confiné comme celui de son studio. Elle finit par tomber sur un site qui parle des lapins et explique comme ces petits animaux sont surprenants. Nous sommes des bébêtes récemment devenues animaux de compagnie ; avant, on ne nous élevait que pour nous manger. Saviez-vous que nous n'avons pas le cerveau d'une souris ni l'odeur d'un hamster ? Nous sommes uniques en notre genre, nous ne sommes même pas des rongeurs, d'ailleurs : nous sommes des lagomorphes. C'est très important, comme différence : les rongeurs ont des comportements différents des nôtres et on nous compare trop souvent à eux, il ne faut pas ! D'abord, et c'est important, nous, au moins, on fait des crottes sèches qui ne puent pas et ne salissent pas ! Ca, c'est bien pratique. Ensuite, nous ressemblons à un mixe entre un chat et un chien : comme le chien, nous nous attachons énormément à notre maître duquel nous sommes totalement dépendants, comme lui nous sommes parfois maladroits et patauds, comme lui nous pouvons faire la fête, faire de l'agility (et si !), jouer avec une baballe ou un bout de bois, sauf qu'au moins, nos maîtres n'ont pas à nous sortir le matin et le soir pour nous aérer et nous permettre de faire nos besoin ; comme le chat, nous sommes propres et nous passons énormément de temps à notre toilette : notre poil est brillant, nous ne puons absolument pas, nous adorons nous étirer, dormir, nous étaler de tout notre long, faire de petits bruits rigolos... Et nous sommes bien moins indépendants qu'eux. La différence avec le chat et le chien, c'est que nous sommes plus fragiles : attention à ne pas nous faire sortir seuls de notre cage, nous pourrions tomber dans l'escalier, mordiller un fil et s'électrocuter (ah oui, le gros défaut : nous adorons grignoter...)(remarquez, ce n'est pas moi que ça dérange !) ; il ne faut pas nous mettre dans le jardin si nous ne sommes pas vaccinés, nous attrapons très vite des maladies, il faut nous couper les griffes tous les six mois, il ne faut pas nous faire trop manger sous peine d'indigestion parfois mortelle... En plus, nous sommes nuls pour faire la différence entre un poison et un comestible. Attention, donc, on compte sur vous pour nous avertir ! Nous sommes d'une candeur et d'une naïveté qui font de nous des éternels bébés. Mais nous sommes très intelligents, malicieux, ultra-câlins et il faut savoir nous écouter !

    Enfin bref, je pense que Maman fera un petit topo à la fin de mon autobiographie, pour briefer les maîtres de lapins qui ont besoin de conseils ! Elle vous dira tout.

    Une fois sûre qu'elle veut un lapin et surtout, que c'est possible, Maman demande à ses parents qui finissent par lui dire oui. Immédiatement, elle cherche quelle est la meilleure solution pour acquérir un lapin qui soit en bonne santé, du bon sexe aussi, qui ait le bon âge et ne soit pas agressif. Dur, hein ? Pareil, tout ce qui concerne le choix du lapin et de l'endroit dans lequel on le trouve, c'est dans le topo à la fin de mon histoire, d'acc ? Attendez là ! Oh ! N'y allez pas maintenant, je n'ai pas fini !

    Ca, c'est Fleur. C'est l'image sur laquelle Maman est tombée au bout de quelques heures de recherches intensives sur le net. Elle l'a vue cette petite bête, et elle a totalement craqué ! Vous m'étonnez, je sais bien que nous, les Nains Feux Noirs, on est les plus beaux ! On dirait qu'on a un costard trop grand, pas vrai ? Ah, cette petite Fleur, je dois avouer qu'elle est vraiment super mignonne, mais je vous assure, je n'ai pas de raison d'être jalouse. La petite bête vient d'un élevage, on ne trouve pas de "pur race" en animalerie; manque de pot, nous sommes des lapins assez rares, et surtout en France ! Aussi, Maman ne trouve que deux éleveurs dans le pays : une jeune femme près de Toulouse, et un homme qui pratique depuis quarante ans, dans les Yvelines. Mon éleveur, de chez qui vient Fleur, d'ailleurs. La petite Fleur appartenait à une famille jusqu'à ce qu'un accouchement malheureux ne la tue... Enfin, ce n'est pas l'histoire. Oui, je sais, je ne cesse de me disperser, mais que voulez-vous, c'est moi tout craché, ça ! Je ne suis pas capable de suivre une idée et de m'y tenir, c'est un truc d'humain, ça.

    Bref, Maman appelle immédiatement mon éleveur, qui s'appelle Daniel Nold, et lui demande s'il lui reste des jeunes à vendre. Bien sûr qu'il en a, il en a toujours ! Des gens viennent de Belgique et d'Irlande pour lui acheter ses petits lapins ! Certains débarquent pour lui en prendre un et repartent avec toute la famille. Dingue, non ? C'est que nous sommes tellement mignons... Monsieur Nold répond à Maman qu'il possède bien une petite femelle qui devrait correspondre à ses attentes ; c'est là qu'il m'attrappe (l'horreur, je déteste ça !!), me place sur une pierre recouverte d'un paillasson doux et me prend en photo.

    Re-moi ! En me voyant, Maman craque ; pour elle, je suis sa petite lapine rien qu'à elle. Elle passe l'après-midi sur Internet à la recherche d'un prénom et flashe sur Thalie. Avant même d'avoir pu me voir en vrai, elle me baptise donc Thalie, et entreprend d'essayer de m'obtenir... C'est qu'elle est à l'autre bout de la France ! Dur de venir me chercher, alors comment faire ? J'avoue qu'elle a une chance incroyable : Monsieur Nold a un ami qui rentre chez lui dans le Sud, à quelques dizaines de kilomètres de chez Maman. Mon arrivée est prévue pour la mi-Toussaint, mais manque de chance cette fois, l'ami en question a un souci le jour prévu. Maman est déprimée, elle pense que je ne serai jamais pour elle, et elle se dit qu'elle s'est tellement faite à l'idée que ce serait moi sa lapine, qu'elle aura du mal à choisir un autre lapin dans une animalerie... Elle a préparé mon arrivée avec minutie, m'achetant tout ce qu'il me faut pour mon bonheur, elle n'attend plus que moi, et elle se rappelle d'une fois où elle est allée dans un magasin spécialisé, où elle a vu les lapins à vendre et où elle s'est dit: "Thalie est plus belle !". Je ne peux pas être à quelqu'un d'autre, pas possible !

    Heureusement, l'ami de Monsieur Nold trouve une autre date, et voilà que le rendez-vous est reporté à la semaine de la rentrée. Un soir, mon éleveur vient m'attraper dans ma cage et me fourre dans une espèce de boîte toute noire et tellement exiguë ! Brrr, je n'aime pas ça. Mais je garde mon calme, ça ne sert à rien de s'énerver. Heureusement que je suis zen, d'ailleurs, parce que Monsieur Nold avouera après à Maman que si j'avais été angoissée, il ne m'aurait pas laissée partir, de peur que je ne décède pendant le voyage...

    En fait, je suis très sage. Evidemment que j'ai peur, mais bon, ça va quoi, de toute façon ça ne sert à rien de paniquer. Si ? Bof... Je voyage dans ce machin pendant cinq longues heures, après avoir traversé une gare super bruyante - dur-dur, après le calme de chez Monsieur Nold ! Et c'est pas fini, après, nous traversons une nouvelle gare, et j'entends les voix de deux hommes qui discutent et s'échangent des politesses. Oulà là, comme ça bouge, ce machin ! C'est le père de Maman qui vient me chercher, parce que Maman ne peut pas, elle est en cours... Après encore une heure de route, nous arrivons dans le petit studio et le monsieur pose mon carton sur le sol en attendant l'arrivée de Maman. Cette dernière, je l'entends arriver : elle est essoufflée, elle a couru depuis son école pour me voir ; elle balance son manteau dans un coin, elle pousse de petits cris fascinés et voilà qu'elle attrape mon carton, me déplace, me pose au milieu d'un truc qui sent bon... Mmm, ça sent drôlement bon. Paille. J'adore la paille, ça me rappelle mon ancienne maison !

    Je suis dans une cage, une grande cage à barreaux bleus, rouges et jaunes. Il y a une cabane en bois là-bas, parfait. En deux temps trois mouvements, je traverse la cage et m'engouffre dans ce coin d'ombre rassurant. Il y fait moins sombre que dans mon carton, et ça sent bien meilleur. Je peux observer discrètement ce qui se passe, reprendre mes esprits, avant de me décider à ressortir. Maman enlève le carton désormais vide, referme la cage et s'éloigne. Elle est tout excitée, mais je perçois chez elle une agitation angoissée. Je n'aime pas l'angoisse, c'est stressant ! 

    Le soir, je commence déjà à m'étaler de tout mon long dans ma cage, signe que je suis à l'aise. Bon, je suis tout de même un peu grognon, parce que quand-même, il est pas gêné, l'éleveur, de m'avoir fichue là ! Je ne reconnais rien, rien du tout ! Heureusement, Maman est gentille avec moi, elle m'observe pendant de longues minutes, me parle, me donne des granulés, du foin et des carottes, mais je n'ose manger que les granulés. Je n'ai jamais goûté au reste. J'adore grignoter ma paille, par-contre, alors que c'est censé être de la litière, mais que voulez-vous, je suis une gourmande ! Et surtout, une mâchonneuse.

    Petit à petit, je m'habitue à ma nouvelle maison. Je refuse de sortir de ma cage, j'y suis bien, je n'ai aucune envie de m'aventurer vers l'inconnu. Bon, d'accord, si, j'ai envie, mais... Oui bon ben voilà hein, je ne suis pas courageuse, voilà, vous êtes contents ? Qu'est-ce que vous croyez, comme si les lapins étaient réputés pour leur courage, pff. Moi, je m'énerve ? Non, pas du tout. D'abord, la lâcheté ça a du bon, zavez qu'à demander aux opposums dans L'Age de Glace 3. Na.

    Finalement, je craque pour les carottes et, un peu plus tard, pour le foin. C'est bon, ce truc ! Carottes, mon péché mignon, j'en mangerais pendant des heures. Regardez, je suis encore timide sur cette image mais j'ai déjà perdu ma tête renfrognée !

    Nightshade, d'Andréa Cremer =(

    La vache, qu'est-ce que j'ai l'air bébé, là-dessus ! Et surtout, timide, très timide. Vous me verriez aujourd'hui, rien à voir ! Enfin, on n'en est pas là.

    Pendant les deux premiers mois, la cohabitation n'est pas facile tous les jours. Maman est stressée, déprimée, et moi je ne suis pas un chaton, j'ai besoin de temps pour m'acclimater... Maman a besoin de me serrer dans ses bras mais je déteste qu'on me porte, elle a beau essayer de m'y habituer, je ne supporte vraiment pas. Ces énormes doigts qui se referment autour de ma taille, qu'elle horreur !! Et cette hauteur, berk !! Je me tortille comme une anguille et je réussis toujours à m'échapper. Maman voudrait aussi me caresser, mais depuis qu'elle a réussi à me faire sortir de ma cage en enlevant carrément les barreaux et en plaçant ma gamelle de nourriture à l'extérieur, je ne cesse d'explorer et les caresses ne m'intéressent pas. Je fouine partout et puis elle, de toute façon, je ne la connais pas, je ne sais pas ce qu'elle me veut, c'est une étrangère et je ne vois pas pourquoi je serais câline avec elle ! Ce n'est pas que je ne l'aime pas, c'est juste que je n'ai pas spécialement d'affection pour elle, quoi, surtout qu'elle dégage des ondes d'angoisse, ce n'est pas très attirant. En plus, elle me gronde souvent parce que je mordille tout ce que je vois. Ben quoi ? Moi, quand j'aperçois un objet, je le mords, pour voir si c'est comestible. Deux solutions : soit ça ne l'est pas, et je n'insiste pas, soit ça l'est, et je continue tranquillement mes mâchouillis. Par "comestible", j'entends tout ce qui est dur, se détache à force de morsure et peut s'avaler. Donc, les pieds de table, les plaintes sur le bas du mur, le mur lui-même, les meubles, les livres... J'adore. Je pourrais passer mon après-midi à grignoter, sans rire ! Vous, vous mâchez bien du chewing-gum, ben moi, mes chewing-gums, ce sont les meubles, que voulez-vous ! Vous devriez essayer un de ces jours, je ne m'en lasse pas. Quoi ? Si Maman me gronde toujours autant ? Ben oui, quelle question. A chaque fois que je mordille quelque chose, elle me gronde très fort, mais ses haussements de voix et ses "pssccchhhhtt !!!" ne me font plus peur, à l'usure je m'y suis habituée. Mais non, je ne veux pas l'embêter ! Bon, j'avoue, il y a eu une période où dès qu'elle me grondait, je la regardais comme si je n'avais rien fait, j'attendais qu'elle se retourne et je recommençait, rien que pour la mettre en colère. Mais ça, c'était avant. Maintenant, je ne cherche plus à la défier, je l'aime beaucoup ! C'est juste que je ne peux pas résister et j'"oublie" les interdictions... Surtout que c'est bien pratique pour attirer son attention quand elle ne s'occupe plus de moi, au moins, elle est obligée de se concentrer sur moi. Et après j'ai un truc infaillible pour passer de longues minutes avec elles : dès qu'elle me gronde, je fais mes gros yeux effrayés, je baisse les oreilles en signe de soumission et je prends mon air du Chat Potté, comme si je ne savais pas pourquoi elle me criait dessus. Du coup, elle a l'impression d'être le bourreau et elle ne peut s'empêcher de me caresser et de me dire des mots doux juste après, histoire de se faire pardonner. Mmm, c'est bien agréable ! Bon, il y a des fois, tout de même, où ça ne marche pas et j'atterris dans ma cage... Mais bon, les statistiques me montrent que tout de même, j'ai plus de chance que ça finisse en câlin qu'en punition dans la cage. En parlant de ça, Maman a la manie de me donner trois brins de granulés dès que j'entre dans la cage sans faire d'histoires, du coup je ne perçois pas le fait de devoir rentrer dans ma cage comme une punition, parce que 9 fois sur 10, j'y trouve une petite récompense. Ca lui permet de m'envoyer pêtre dans ma cage sans récompense quelquefois sans que je l'assimile comme une punition permanente.

    Ca, sans surprise, ben c'est moi. J'explore, et c'est pas fini :

    Ah non, le bazar derrière, c'est pas moi qui l'ai mis ! Qu'est-ce que je suis bouboule, à cette époque ! Donc voilà, j'explore et j'évite les mains de Maman qui voudrait bien me caresser.

    Un mois passe et je deviens grognon. Quand Maman change ma cage, je saute sur la pelle, puis sur sa main, et je donne des coups de griffe frénétiques. Oh non, je ne mords pas ! Mais je griffe et ça fait tout de même mal ! Maman pense d'abord que je suis en chaleur, étant donné que les femelles sont très territoriales, puis elle craint que je ne l'aime pas. En fait, je l'aime bien, mais je ne suis pas assez attachée à elle pour accepter qu'elle vienne mettre ses gros sabots dans ma cage à moi ! Pire, des fois elle s'approche de ma gamelle, alors là attention hein ! Ma gamelle à MOI. Mes granulés. Ma carotte. Mais il faut dire aussi que chaque semaine, elle m'attrape, me fourre dans une petite cage de transport et nous passons une heure et demie dans un train... Je n'aime pas beaucoup ça, du coup chaque fois qu'elle met ses mains dans ma cage, j'ai peur qu'elle cherche à m'attraper pour me mettre dans cette éternelle petite cage.

    Des fois, Maman s'énerve parce que je l'agresse. Je précise tout de même, je ne l'agresse pas toutes les cinq minutes ; en dehors de ma cage, je suis charmante, malgré le fait que je fasse toujours autant de bêtises. Petit à petit cependant, je deviens de plus en plus câline. Des fois, quand Maman est assise sur son fauteuil bas, je monte avec elle et je la laisse me caresser pendant de longues minutes, voire parfois, plusieurs heures. Je commence à jouer, à courir autour de ses pieds, à faire du trampoline sur le fauteuil (si si, je vous assure ! C'est trop drôle, vous n'avez jamais essayé de faire des pirouettes et des demi-tours sur un truc mou ? C'est génial !!) et quelquefois, je suis Maman quand elle se déplace. Donc, tout ne va pas mal !

    Là, je prends du bon temps en plein sur le lino. Près d'un dictionnaire qui porte déjà les marques de mes dents, mais chut ! faut pas le dire. Quelle drôle de tête j'ai ! Aujourd'hui, j'ai l'air beaucoup plus espiègle, vous verrez dans les prochaines photos !

    Viennent les vacances de Noël. Maman est tout à coup bien plus détendue, elle semble tellement plus heureuse ! Elle est pressée de me présenter au reste de la famille, j'ai déjà une cage toute prête là où nous allons. Encore une heure et demie de train, puis le lendemain, trois heures de route... Brrr, je déteste ça. J'ai fait connaissance avec Clochette, mais ça me fait tout bizarre de me retrouver dans une cage à côté de la sienne. Oh, je n'ai pas peur d'elle ! Je me demande bien ce qu'elle est, cette grande chose poilue, au regard vif, aux pattes roses et à la queue qui remue ! Quand nous nous croisons, je cours vers elle, je la renifle, et elle, elle s'enfuit. J'adore la suivre, j'ai toujours envie de faire un brin de conversation avec elle :

     

    "Eh, toi là, attends ! Tu vas où comme ça ? Et dis-moi, qu'est-ce que tu es, comment tu t'appelles, quel âge as-tu, qu'est-ce que tu manges ? Tu veux jouer avec moi ?"

    Méfiante et drappée dans sa dignité, Clochette ne me répond pas, elle se contente de me renifler avec distance puis dans s'en aller, un peu perdue. Toute façon, je m'en fiche, un jour elle sera ma copine, voilà.

    Bref, pendant les vacances de Noël, je m'éclate. Il y a des gens partout, et j'adore les gens ! Je ne suis pas peureuse pour un sou, j'ai eu le temps de m'habituer aux changements de lieux et de visages, et puis Maman est là, avec ses parents et ses soeurs que je connais ; les cousines, la grand-mère et la tante, ça, je ne connais pas, mais je me complais dans mon rôle de petit lapin tout mignon que tout le monde regarde. Ils sont tous devant ma cage à m'admirer, à m'appeler, à me tendre des friandises - au grand dam de Maman qui râle parce qu'il ne faut pas me nourrir toute la journée - et bientôt, je commence à explorer à l'extérieur de ma cage. Maman a mis le temps avant de comprendre, mais pour que je sorte de ma cage, il faut que je me sente en confiance, et pour ça, il me faut un objet connu à proximité. Or, dans le studio, le fauteuil sur lequel je joue est recouvert d'un drap que je connais bien, et Maman l'a emporté pendant les vacances. Elle l'étend sur le sol et je sors immédiatement, me limitant d'abord au seul drap comme périmètre d'observation, rentrant fréquemment dans ma cage mais en ressortant aussitôt. Très vite, je visite partout sur ce tapis du salon que j'aime beaucoup, et où je fais des pirouettes. C'est génial, il y a tellement de monde que je fascine, que je passe ma journée dehors. Quand ce n'est pas Maman, c'est une soeur, une mère, une cousine qui me fait sortir (car il faut me surveiller, je mordille toujours autant !). Je joue avec tout le monde, c'est vraiment super. Et surtout, je passe du bon temps avec une Maman détendue, heureuse, prête à me faire tous les câlins que je veux. Sa mère lui a dit :

    "Rappelle-toi que tu n'as rien à attendre d'elle, c'est à elle d'attendre de toi, ne l'oublie jamais".

    Depuis, elle a toujours cette phrase en tête. Au début des vacances, quand Maman met sa main dans ma cage, je l'agresse, mais très vite, comme elle ne s'énerve pas et va tout doucement, je finis par la tolérer et même, par aimer qu'elle vienne me caresser jusque dans ma cage. Elle me parle doucement, passe des heures sur le tapis avec moi, m'embrasse, et je grince des dents de plaisir. Oui, c'est comme le ron-ron du chat, le grincement de dents. Même, elle arrive à me porter ! Mais pas longtemps, je n'aime pas ça et elle le sait. Elle renonce à l'idée de m'y forcer, j'en suis bien heureuse !

    Pendant ces deux semaines, je m'attache beaucoup à elle. Je commence à comprendre qu'elle est ma maîtresse, et j'aime sa présence, vraiment.

    A la rentrée, Maman change ses études et rentre chez ses parents. Fini le studio, finis les allers-retours, fini le train ! Je suis au milieu de toute la famille, ravie. Maman, qui récupère ma cage du studio connecte deux cages ensemble (car il y avait aussi une cage dans la maison familiale) et j'y suis vraiment très bien, surtout que l'une d'elles est tapissée d'un drap, c'est doux et très agréable.

    Bon, désolée, je n'ai pas réussi à redresser l'image, m'enfin vous voyez au moins dans quoi je vis. C'est-y pas cool, ça ? J'adore ! Il y a plein de chambres ouvertes, plein de jouets à mâchouiller (arf, si Maman m'entendait...), plein de gens pour me faire jouer ! Je passe des heures dans la chambre de Maman, sur un coussin où j'aime dormir. Je joue avec elle, je la suis comme un petit chien ! Ben oui, c'est très drôle de la suivre, je me demande toujours où elle va, et puis je veux d'autres caresses, moi ! En plus, ça me fait courir, et j'adore courir. Bon, le parquet est traître, je fais souvent des dérapages de dingue et je m'étale de tout mon long, mais à part ça, c'est drôle, et puis même pas mal d'abord. Ca aussi, je suis habituée : je tombe tout le temps. Une fois, j'essaie de monter sur un tas de livres qui s'écroule, une autre je veux sauter un obstacle et je reste coincée deux pattes d'un côté, deux pattes de l'autre, une autre je grimpe sur les peluches et dérape lamentablement...

     

     

    Ah oui, là j'ai une tête super concentrée,vous avez vu ? Je fais comme les chats qui, pris de folie soudaine, grimpent à un arbre et une fois en haut se demandent comment ils vont en redescendre et surtout, comment ils ont atterri là. Bon, ben pareil, sauf que moi, au contraire du chat, je ne sais pas miauler, donc je descends toute seule comme une grande. Toujours pas mal !

     

     

     

     

     

    Regardez comme je suis haut : 

    Trop la classe hein ! Mmmouais, je suis assez fière de cette cascade.

    Toute façon, j'adore faire la folle. Quand Maman monte les escaliers, je l'entends et je lui fais la fête : je fais des allers-retours ultra-rapides dans ma cage, je saute partout, parfois même je gémis ! Je me dresse aussi sur mes petites pattes arrières, en espérant qu'elle va me caresser, et si c'est le cas, je me couche en poule et je grince des dents. Elle s'amuse à courir de l'autre côté de ma cage en criant : "coucou !!" et moi je la rejoins au galop, puis elle va de l'autre côté, je la rejoins etc. A force, ça donne le tournis mais c'est très drôle !

    Pendant les vacances de Février, Maman m'emmène au sport d'hiver, et j'adore le gîte ! On me met dans le séjour, comme ça je vois tout le temps du monde, et je peux sortir encore plus souvent ! Grâce à mon drap, je sors donc très vite et je suis toujours aussi ravie de voir rentrer mes maîtres du ski, même si au début, je les ai pris pour des monstres avec leurs combinaisons ! 

    A la maison, Maman met la radio et j'adore, ça m'endort, j'en grince des dents de plaisir. J'adore Le Cavalier sans tête de Damien Saez, ou encore L'un Part l'autre reste, de Charlotte Gainsbourg, sans parler d'Ibelin, une musique de Kingdom of Heaven. Il y a Farewell d'Apocalyptica aussi ! Je vous assure, je suis mélomane, ça fascine Maman d'ailleurs. Ben oui, attendez, vous imaginez, quand je suis angoissée ou excitée, il suffit d'une ou deux musiques pour me calmer ! Tenez, rien que pour ça je vous en mets quelques-unes, miam :

    Ah, Saez... Grrr, grrr... (oui bon, comment voulez-vous trouver une onomatopée pour le grincement de dents ?)

    'ttention, une autre :

     

     Celle-là, elle m'endort en cinq minutes !

    Ibelin, la première que j'aie aimé, et c'est en fredonnant celle-ci que Maman s'est aperçu le bien que cela me faisait : elle chantait pour elle-même dans la voiture, en attendant le retour de son père, et j'étais sur ses genoux ; moi qui étais stressée, j'ai grincé des dents de plaisir !

    Quant à Farewell, Maman l'a mis dans la rubrique "Quelques chroniques", dans sa chronique sur Terrienne de Jean-Claude Mourlevat.

    Où en étions-nous ? Ah oui. Ben j'ai bientôt fini mon récit, en fin de compte ! Il me reste à vous parler de mes "onks", qui font beaucoup rire Maman. Voyez-vous, je ne suis pas un lapin ordinaire : je pousse souvent de petits cris très spéciaux, entre le grognement et le gémissement, qui ressemblent à des "onk". Toute la famille se fiche de moi quand je le fais, je ne vois pas pourquoi. Je les pousse quand j'ai fait une bêtise et que Maman s'approche pour me renvoyer loin du lieu du crime, ou quand elle s'apprête à me remettre dans ma cage, ou quand elle arrive avec des granulés et qu'elle n'est pas assez rapide à me servir...

    Oh, il faut que je vous dise aussi que je veux tout le temps sortir, et que du coup, je fais un potin d'enfer : je mordille les barreaux de ma cage, je saute partout, du coup Maman met un drap sur ma cage, la nuit, pour que je cesse mon tapage !

    J'aime de plus en plus les câlins, j'en demande désormais à longueur de journée. Avant, je faisais la folle pendant des heures et c'était seulement quand j'en avais marre de jouer que Maman pouvait me caresser, mais maintenant, c'est le contraire : je joue, mais dès que Maman pose sa main sur moi, je me calme, je file sur mon coussin et je me roule en boule tandis qu'elle me câline. J'adore ! Je lui fait plein de léchouilles sur le nez et sur les doigts, de plus en plus, et même quand elle ne m'a pas caressée de la journée, j'aime lui faire des bisous de lapin. Quant à Clochette, elle s'habitue petit à petit à ma présence et ne s'enfuit plus quand elle me voit. Même, elle se couche maintenant sur le sol, près de moi, et quand je déboule sur elle, elle se contente de m'observer sans bouger, ne cessant pas de ronronner. Un jour, je dormirai entre ses pattes. Obligé ! D'ailleurs, elle aurait un peu plus confiance en moi si je n'avais pas eu la délicatesse de lui monter dessus comme si elle était un coussin... Maman veille désormais à ce que ça ne se reproduise plus. Je l'aime, Maman ! Dès que je la vois, je suis heureuse ! Mes grands yeux et mes petites oreilles s'ouvrent bien grand, ma petite queue remue même quelquefois !

    Vous voulez voir des photos récentes ? Tenez, je vous en montre...

    Maman est derrière mon épaule, elle me regarde vous parler et elle râle parce qu'aucune des photos n'est capable de vous montrer réellement à quoi je ressemble : il n'y a pas l'étincelle d'espièglerie, l'excitation et la tendresse mêlées, la malignité, tout ça quoi... Eh eh, si c'était moi qui les prenais, les photo, je suis sûre que ce serait mieux, mais bon, j'ai les griffes trop longues. J'ai déjà un mal de chien à taper sur le clavier, vous ne pouvez pas savoir ! Ma préférée reste la dernière que je vous ai présentée, j'y ai vraiment une tête ressemblante à celle de la vraie vie ! N'est-ce pas que je suis adorable ? Non, je ne suis pas vantarde, voyons ! Je suis juste lucide, je vous vois bien, tous, en train de vous extasier sur moi, attendez, je ne suis pas aveugle ! Les gros yeux, les grandes oreilles, le nez et le corps arrondis, vous adorez ça, ne niez pas. Surtout que les gars, vous ne m'avez pas encore caressée, et je vous jure que je suis plus douce qu'un chat, on dirait une peluche particulièrement soyeuse. Maman aime enfouir ses doigts dans ma toison.

    Bon, va falloir vous laisser parce que c'est l'heure de manger, et j'ai drôlement faim, moi ! Déjà que j'ai passé l'après-midi à essayer d'établir mille et un plans d'attaque pour accéder au seau de granulés... Généralement, ils se résument à un passage en force dans le placard dès que la porte s'entr'ouvre, et à une attaque à dents découvertes sur le couvercle qui ne s'ouvre jamais assez vite pour que je puisse échapper aux mains vengeresses de Maman. Ah, jvous jure ! En plus, j'aperçois Clochette qui est encore allée se fourrer dans MA cage en mon absence, elle le fait parfois, ça lui prend comme ça... Je vous assure, c'est vrai ! Même qu'elle essaie de rentrer dans ma cabane en s'aplatissant comme une crêpe, mais il y a toujours ses fesses qui sortent, que voulez-vous, tout le monde ne peut pas avoir ma taille de mannequin. Même pas vrai que j'ai des fesses plus rondes que celles de Clochette !! Non !! Pas vrai !! 

    Ah, ben si Maman aussi est contre moi sur ce coup-là, ben moi, je vais bouder. Salut.

     

    PS : tout de même, il faut que je vous dise ça : il y a quelques jours, j'ai saigné ! Parfaitement, j'ai saigné de la patte, et beaucoup en plus, j'en ai mis sur le parquet, des trainées, des taches, des gouttes, et même sur le mur, dans ma cage, sur la paille... Maman a tout nettoyé et, horreur, pour voir d'où je saignais, elle m'a attrapée et RETOURNEE !! Beurk beurk beurk, je lui ai fait la tête pendant toute la journée, mais bon, c'est oublié. Comment ? Pourquoi j'ai saigné ? Aucune idée. Je crois que j'ai dû me casser encore une fois la figure et comme j'ai les griffes un peu longues, ça m'a peut-être ouvert un peu, entre les doigts... Mais rassurez-vous hein, je vais très bien ! Je ne me suis même pas aperçue que je saignais, alors...

     

     

     

     

     

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    Vous souhaitez adopter un lapin, vous ne savez pas si vous pouvez, vous ne savez pas où le trouver, vous désirez savoir comment vous en occuper ? Voici le fruit de nombreuses recherches, assorti de très bons conseils venant d'un professionnel.

    Suivez le guide !



     

    Les bonnes raisons pour avoir un lapin :

     

    * il s'attache à son maître, mais il faut lui laisser le temps : pour moi, ça a pris environ un mois, mais ça varie. Il est fidèle, peut faire la fête au maître.

    * il est friand de câlins ; s'il vous lèche, c'est qu'il vous aime beaucoup.

    * il est propre (pelage brillant, sans odeur ; crottes sèches non-odorantes et pas salissantes ; urine peu odorante ; on peut même lui apprendre à faire dans une litière)

    * il n'aboie pas, ne se fait pas écraser sur la route d'en face puisqu'il vit en intérieur.

    * à l'achat il coûte plus cher qu'un chat, mais après, il est peu cher : les granulés s'achètent trente euros le seau qui dure cinq ou six mois pour un lapin ; les carottes coûtent moins d'un euro le kilo, le foin quelques euros mais pareil, le paquet dure longtemps. le plus cher, c'est sûrement la litière, mais nous en parlerons après.

    * il peut très bien vivre dans un appartement.

    * il peut vous suivre en vacances si vous prévoyez une cage là où vous allez (vous pouvez acheter une cage un peu plus petite que celle que vous avez chez vous - 80 cm de long, 50 cm de large et de haut - , et l'emporter dans la voiture, elles se démontent)

    * Si vous aimez dorloter un animal, vous serez servis avec le lapin. Il adore qu'on s'occupe de lui.

    * ...

    Les inconvénients quand on a un lapin :


    * la cage se change entièrement au maximum une fois par semaine, sinon le lapin peut tomber malade (vider toute la cage et éponger le fond, puis remettre du propre)

    * il est entièrement dépendant : tous les jours il faut le nourrir matin et soir et comme il est dans une cage, il ne peut pas se nourrir tout seul. Pas question de le laisser seul chez vous plus d'une journée.

    * il faut le sortir de sa cage au moins une heure par jour, pour qu'il se dépense. Certaines personnes laissent leur lapin en liberté dans leur maison comme on le ferait avec un chat, mais je vous conseille de surveiller car généralement, les lapins sont trop curieux et risquent de se blesser ou de se tuer.

    * ils grignotent très souvent les meubles, à quelques exceptions près. Il vous faudra protéger vos fils de téléphone et d'appareils électroniques de telle façon que le lapin n'y ait pas accès.

    * ils ont la santé fragile s'ils sont en courant d'air, dans une cage très sale, avec un autre lapin malade, s'ils sortent dans le jardin sans être vaccinés (voir vétérinaire).

    * il faut leur couper les griffes tous les six mois. Personnellement, j'emmène Thalie chez le vétérinaire, j'ai trop peur de lui faire mal.

     

    Les précautions à prendre avec un lapin :


    * attention à la cohabitation lapin/chien ou lapin/chat : le lapin n'est pas ordinairement une proie pour le chat, mais chat comme chien peuvent avoir des gestes de jeu ou d'agressivité qui peuvent s'avérer fatals pour le lapin. Donc, prudence, ils peuvent cohabiter mais il faut les surveiller quand ils sont tous deux en liberté dans la même pièce.

    * Peut-on faire cohabiter deux lapins ensemble ? Ou un lapin et un hamster ?

    Deux lapins ensemble, oui, mais attention : il faut être certain que ce ne sont pas un mâle et une femelle, sinon vous aurez des petits tous les trois mois. Vous pouvez stériliser un des deux lapins. Si ce sont deux mâles, ils s'entretueront, à moins d'une exception. Si ce sont deux femelles, elles peuvent s'entendre mais ce n'est pas forcé. Dans tous les cas, il faut prévoir plusieurs cages et tester, sans être sûr qu'ils s'entendront dans une même cage.

    Pour la cohabitation hamster/lapin, c'est aussi possible mais le hamster ne mange pas la même chose que le lapin, il sent plus mauvais et a des maladies qui peuvent se transmettre au lapin, donc attention. Pareil, il n'est même pas forcé qu'ils s'entendent.

    * Attention : ne pas donner n'importe quel aliment au lapin. Premièrement, beaucoup d'aliments comme certains légumes sont nocifs pour les lapins, et deuxièmement, un changement de régime trop rapide, sans transition, donne la diarrhée aux lapins et la diarrhée, c'est très dangereux pour cet animal, il ne faut pas que ça dure plus d'un jour. Exemple : pas de laitue, pas de radis, pas de patates, pas de tomate... Je vous communiquerez après ce qu'on peut leur donner.

    * Ne jamais porter un lapin en se tenant debout, toujours rester accroupi, car s'il tombe, il va se briser les reins et il faudra le piquer.

    * ... si j'ai d'autres idées, je vous le dirai. 


    Un lapin convient-il à un étudiant ?

     

    Un étudiant peut tout à fait avoir un lapin, à supposer bien entendu qu'il ait un peu de place dans son studio pour y placer une cage à lapin. De plus, il faut faire attention car si vous êtes en résidence universitaire, les animaux sont interdits. Si vous louez un studio en ville, faites juste attention à ce qu'aucun meuble ou fil ne soit abîmé, sinon vous pourrez dire adieu à la caution...

    Je suis étudiante et j'ai acquis Thalie alors que je vivais dans un studio de 15 m2, et ni elle ni moi ne nous sommes senties à l'étroit ; elle qui adore grignoter n'a fait aucun dégât sur le matériel du studio car quand elle sortait, je la surveillais. Je rentrais aussi chez moi presque tous les week-ends en train et Thalie le supportait bien, par-contre il faut bien choisir votre lapin si vous voyagez car un lapin très anxieux ne supportera pas ces voyages répétés. Il faut penser que non seulement vous les déplacez, mais en plus vous traversez une gare bruyante, traversée par des trains vraiment très bruyants (-__-) etc. 

    En tout cas, en terme de place, le lapin demande peu, ce n'est pas comme le chat ou le chien. Le studio lui convient parfaitement.

    DUREE DE VIE DU LAPIN : une lapine vit de nos jours, si elle est bien traitée et ne mange pas trop riche (je vous donnerai après le régime alimentaire) environ 8 à 12 ans, donc attention, quand vous prenez un lapin, vous vous engagez pour tout de même pas mal d'années, ce n'est pas comme le hamster ou la souris. Le mâle, lui, vivra 7 à 8 ans, d'après l'éleveur.

     

    Un lapin ou une lapine ? 

     

    Vous vous demandez ce qui serait le mieux pour vous entre un lapin et une lapine ? 

    Comme les chats ou les chiens, les femelles ont des différences de caractère avec les mâles.

    Les femelles : elles sont souvent plus espiègles, plus vives, assez joueuses, énergiques. Défaut éventuel : elles sont parfois territoriales, surtout en période de chaleurs si elles ne sont pas stérilisées. Je dis cela mais Thalie, à présent qu'elle me fait confiance, me laisse mettre ma main dans sa cage sans problème et pour l'instant, je touche du bois, ses chaleurs éventuelles n'ont pas influé sur son comportement. Ca dépend donc des individus ; je pense qu'une femelle qui a confiance en son maître ne se montrera pas agressive envers lui de toute façon.

    Les mâles : ils sont souvent plus mous, peut-être un poil plus câlins même si Thalie est très, très câline aussi (là encore, ça dépend des individus) mais ne s'entendent pas entre mâles et il est possible que si vous nes les castrez pas, ils fassent régulièrement pipi partout (et là, c'est odorant).

    Quoi qu'il en soit, attention donc à la cohabitation mâle-femelle, je le redis car il suffit de trente secondes pour que la femelle soit enceinte.

    Je parle régulièrement de castration : chez les lapins, c'est bien moins commun que chez les chats. Ca coûte plus cher et il faut vous assurer que le vétérinaire a été formé pour opérer les lapins, car c'est complexe, l'anesthésie peut tuer l'animal bien plus facilement qu'un chat si ce n'est pas effectué avec une main d'expert. Je rappelle que le lapin est devenu animal de compagnie depuis peu de temps, donc tous les vétérinaires ne sont pas formés pour soigner ces petites bêtes.

     

    Combien coûte un lapin ?

     

    Il faut compter plusieurs choses, il n'y a pas que le lapin en lui-même qui coûte de l'argent.

    - le lapin : en animalerie, environ 30 euros, voire un peu plus ou un peu moins, ça dépend. Chez un éleveur, cela varie énormément : il y a des éleveurs amateurs qui peuvent vendre leurs lapins 15 à 20 euros, d'autres plus réputés qui les vendent jusqu'à 70 euros.

    - la cage : 60 euros environ.

    - la cabane, les gamelles si elles ne sont pas vendues avec la cage : 12 euros environ la cabane, mais ça peut monter jusqu'à 30 euros ; 3 à 5 euros la gamelle je crois.

    - la nourriture : 30 euros le seau de granulés (qui vous dure cinq à six mois), 6 euros 50 le sac de foin (qui dure quatre ou cinq mois), moins d'un euro le kilo de carottes.

    - la litière : en tout une vingtaine d'euros, pour plusieurs mois (le détail plus bas).

    - la cage de transport : une petite trentaine d'euros.

    - éventuellement les jouets : rajoutez une vingtaine d'euros.

    N'oubliez pas que si vous êtes étudiant ou si vous avez l'habitude de partir en vacances dans une maison familiale, il vous faudra peut-être acheter une autre cage pour éviter de vous trimballer l'énorme cage toutes les semaines dans le train ou la voiture. Moi, j'ai trois cages mais je les ai achetées sur Internet à des particuliers, et j'ai eu d'importantes réductions : je les ai achetées à 20 euros chacune.

     

    Les arnaques à éviter : 

     

    Quand vous achetez un lapin, il n'est pas rare que des vendeurs dans les animaleries viennent vous voir pour vous vendre n'importe quoi. Ainsi, on a voulu me vendre :

    - des granulés pour jeunes lapins, plus chers ; mon éleveur m'a certifié que Thalie était nourrie aux granulés normaux depuis sa naissance et je n'ai jamais eu de problème avec ça alors ne vous laissez pas avoir !

    - un pseudo médicament pour faciliter le transit intestinal, que le vendeur prétendait indispensable, carrément vital, et qui coûtait 12 euros. L'éleveur n'en a jamais donné à ses lapins en quarante ans de carrière, j'ai suivi ses conseils et Thalie se porte comme un charme.

    - des vitamines : surtout pas, il y en a déjà dans les granulés, c'est déjà largement suffisant.

    - des granulés aux ingrédients non mélangés (les granulés ont différentes formes et couleurs) : il ne faut pas car le lapin peut ne pas aimer un ou plusieurs des ingrédients pourtant importants pour sa santé et ne pas les manger. Du coup, ça fait des carrences.

    - des biberons à eau : vous pouvez en acheter mais à ce qu'il paraît, c'est mieux quand le lapin lappe directement son eau dans une gamelle d'eau. Evidemment, l'inconvénient c'est que si la gamelle d'eau n'est pas placée dans un lieu où le lapin ne passe pas, il y aura rapidement des saletés dans l'eau... De toute façon, quoi qu'il arrive, l'eau doit être changée tous les jours.

    - autre chose aussi, les gamelles en plastique qui sont vendues avec la cage ou séparément ne sont pas les meilleures car le lapin les retourne facilement et répand ainsi ses granulés dans sa paille. Cependant, dans certaines cages, un système pour maintenir la gamelle en place existe.

     

    Où acheter mon lapin, et comment choisir ?

     

    Alors. Vous avez la solution de l'animalerie, plus pratique dans la proximité et où les lapins sont souvent moins chers que chez l'éleveur, ou bien donc, l'éleveur.

    - L'animalerie : le problème, c'est que souvent, les lapins y sont très jeunes, trop même, car plus ils sont petits, plus ils sont mignons et l'animalerie peut prétendre qu'ils ont leur taille adulte ; vous pensez ainsi acheter un lapin nain et vous vous retrouvez avec un énorme lapin de plus de deux kilos. Il faut savoir que les animaleries ne vendent presque jamais de "purs nains", elles font un croisement entre un parent nain et un parent lapin normal. Si ça ne vous dérange pas d'avoir un gros lapin, tant mieux, mais sachez que plus le lapin est gros, plus il faut une cage consistante. 

    Mais l'autre problème qui découle du fait d'acheter un lapin trop jeune, c'est qu'il est fragile et que la séparation de sa mère le traumatise ; soit il risque de mourir quelques jours après son adoption, soit il risque de devenir agressif, ou excessivement peureux. 


     

     


    1 commentaire

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    .oO° Une musique parfaite pour dépeindre le chat : http://www.dailymotion.com/video/x39r3h_pow-wow_blog °Oo.

     

    Ah, les chats et moi... J'aimais bien l'idée de raconter l'histoire des miennes avec la voix de l'une d'entre elles, mais voilà, je les aime trop pour leur laisser la parole ; elles seraient incapables de dire tout ce qui me passe par la tête quand je les vois, elles et leurs grands yeux mi-verts, mi-dorés, ces boules de poils à travers le regard desquelles flotte la terrible majesté des grands fauves mêlée à la douceur adorable du chaton qui sommeille encore en elles. Alors voilà, cette histoire, c'est moi qui vais la raconter. Parce que je les aime plus que tous les autres, parce qu'elles méritent bien cela.

     

    1. Camou

    Camou est le premier chat que j'aie connu, et ce n'était pas le mien. Il appartenait aux parents de ma mère, ou plutôt, il avait été le chat de ma mère avant que celle-ci ne parte de son côté, laissant à mes grands-parents le soin de s'occuper du vieux chat. C'était un animal que j'aimais beaucoup. Il me fascinait, et pourtant, je crois qu'il se fichait bien de moi ! C'était un vieux compère au pelage brun tigré, plutôt dodu, qui marchait d'un air indolent et indifférent au monde qui tournait autour de lui. Il paraissait hors du temps et sa manière de se déplacer, avec la queue toujours basse qui lui donnait une apparence blasée, me faisait penser à celle qu'ont ces messieurs âgés qui se promènent calmement, presque grognons, avec leur canne qui ne les quitte jamais. Oui, imaginer Camou avec une canne ne me choque pas, tant il donnait l'impression d'en avoir une qui suivait son pas lourd partout. 

    J'avais envie de le prendre dans mes bras et de l'embrasser, mais on me disait : "Ne touche pas, il est sale !". Pour une fois, je ne blâme pas les adultes : Camou était tellement flemmard qu'il allait jusqu'à négliger de faire sa toilette, et il passait son temps roulé en boule dans les feuillages lumineux de la vieille vigne vierge qui recouvrait les murs du mas comme une seconde peau. Parfois, quand le soleil lui manquait, il se levait lentement et allait se coucher sur le rocher qui traversait toute la cour, à un endroit bien particulier, là où la roche grise formait une sorte de cuvette qui faisait pile la taille du vieux chat. J'avais même l'impression que c'était lui qui avait fini par laisser l'empreinte de son dos rond à force de s'y coucher. Je me souviens encore de ses yeux verts, presque toujours à-demi fermés, et des griffes noires qui avaient oublié comment se rétracter ou sortir davantage. 

    Je ne me rappelle pas avoir jamais vu Camou se prélasser avec joie, rouler, montrer son ventre gras et noir au soleil qui ne demandait que cela. Non, Camou dormait sans plaisir ni déplaisir, il vivait sa vie en n'en cherchant pas la saveur. J'ai du mal à imaginer qu'il ait pu, dans sa jeunesse, se comporter autrement, être plus vif. D'ailleurs, s'il se nomme ainsi, c'est que ma mère, jeune, a voulu l'appeler Caramel Mou mais que c'était bien trop long, et qu'elle a fini par abréger. Aucun autre prénom n'aurait pu mieux lui aller.

    On m'a raconté qu'une fois, bien avant ma naissance, Camou s'était enfui de la voiture en plein milieu de l'autoroute alors qu'on reprenait de l'essence ; il avait fallu à mes grands-parents, ma mère et mon père plus d'une heure pour récupérer le matou qui était allé se réfugier dans un arbre près de l'autoroute, et il ne descendit qu'après avoir cédé à l'alléchante odeur des croquettes que mon grand-père avait savamment agitées sous son museau gourmand.

    Je ne crois pas que mes grands-parents y aient été très attachés ; je sais qu'ils l'aimaient mais je ne les voyais jamais le caresser, lui faire un câlin, jouer avec lui. En même temps, je ne devais pas avoir plus de sept ans et ma mémoire me fait défaut. Je me souviens de mon grand-père qui nourrissait tous les jours Camou avec de la patée dont j'aimais bien l'odeur - quelle bizarrerie, n'est-ce pas ? - et peut-être que là, il le caressait, je ne m'en rappelle plus...

    Tout ce que je sais, c'est que moi, je l'aimais,Camou. Il se fichait pas mal de moi, mais je l'aimais, et je le caressais malgré la prudence que m'avaient recommandée mes parents. Il appréciait tout de même mes caresses, avec une certaine distance je crois, mais si je ne l'ai jamais entendu ronronner, je me rappelle que parfois, il venait lui-même chercher quelques cajoleries en miaulant d'une voix quelque peu rocailleuse. 

    C'est vraiment le premier chat que j'aie aimé, et je crois qu'il m'a profondément marquée, étrangement. Il est mort peu après que j'aie fêté mes sept ans, et je suis heureuse d'avoir eu le temps de le photographier avec l'appareil tout neuf qu'on m'avait offert - à l'époque, ce n'était pas numérique. On m'a annoncé son décès les vacances suivantes, lorsque je l'ai cherché, un peu brutalement puisque, je ne sais pas pourquoi, les parents étaient persuadés que je le savais déjà. Sur le coup je n'ai pas pleuré, et je ne me rappelle pas en avoir été beaucoup bouleversée, peut-être parce que la mort m'était encore bien abstraite. Je suis allée sur sa tombe, loin dans les oliviers, et je suis restée là, en silence, pendant un temps qui m'a semblé bien long.

     

    Un temps de chiens

    Ce chat n'est pas Camou ; je ne retrouve pas les photos. Celui-ci ressemble à Camou, bien que son pelage soit trop gris.

     

    2. Le Vagabond

     

    J'ai connu un chat sans attache lorsque j'avais cinq ans, qui venait rôder sur le toit de notre appenti et dans notre cour, chez nous cette fois, en Normandie. Je me rappelle d'un animal au poil roux, au pelage certainement abîmé et qui devait être assez maigre. Je crois que nous étions à la belle saison car je me souviens d'une de ses visites pendant que je me baignais dans un bac à sable en plastique transformé en pataugeoire. Il avait faim, il miaulait sans cesse et se frottait à moi. J'étais intriguée et surtout, j'avais pitié de lui. Ma mère, elle, n'avait pas du tout confiance en lui, pourtant, elle aime beaucoup les chats, elle aussi. Je crois, avec le recul, qu'elle avait raison de se méfier, car ce chat, un mâle qui devait certainement se battre souvent contre d'autres animaux dans les rues, n'avait pas l'air commode, ni en bon état, ce qui pouvait le rendre agressif et transmettre des maladies. En théorie, je n'avais pas le droit de le toucher mais à l'époque, je ne me rendais pas compte du danger potentiel que je courais en restant près de lui. Normalement, mes parents ne me laissaient jamais seule dans la cour car ils savaient que l'animal n'était pas loin, donc je ne risquais rien... Mais un jour, mon père devait être absent et ma mère probablement montée au premier étage. Quand le matou affamé est venu miauler à la vitre, pitoyable, suppliant, je n'ai pu obéir à l'interdiction de le toucher, de le nourrir ou même, de le faire entrer dans la maison. Je crois que je lui ai donné à manger, je ne sais pas ce que c'était, en tout cas je lui ai ouvert la porte et j'ai pu le caresser dans le salon. Quand ma mère m'a trouvée là avec lui, elle l'a aussitôt chassé et je me suis faite réprimander ; mais elle savait que je ne comprenais pas pourquoi elle cherchait à m'écarter de lui et que j'allais très probablement recommencer la même bêtise quelque temps après.

    Alors elle a acheté un carton percé de quelques trous, a attiré le chat à l'intérieur et l'a emmené loin, à la campagne, là où il pourrait chasser à loisir et ne pas risquer de se faire écraser. Je ne sais pas pourquoi elle n'a pas pensé à la SPA, je pense qu'elle voulait bien faire et qu'en même temps, elle s'en voulait d'accomplir un geste pareil car il ne lui ressemblait pas...

    Je ne sais pas ce qu'est devenu ce chat. Peut-être a-t-il poursuivi sa vie, peut-être est-il décédé peu de temps après... En tout cas, nous ne l'avons jamais revu. 

     

    3. Le Chat bleu

     

    Ce chat est mythique. D'abord parce qu'il n'a jamais existé réellement, et ensuite parce qu'il est double et qu'il a accompagné mon enfance pendant de longues années.

    J'avais, chez mes grands-parents, un jouet à roulettes, petit comme un livre, en plastique bleu et à roues jaunes. Au départ, je crois que c'était un ourson dont la tête s'emboitait sur le corps et pouvait s'enlever facilement, un peu comme un gros légo, mais je l'avais perdue. J'avais attaché au jouet une corde qui faisait office de laisse et je me promenais avec ce "chat bleu" dans tout le jardin, ravie d'avoir mon chat à moi, imaginant toutes les péripéties que je pourrais vivre avec lui. J'étais très jeune, Camou existait encore, mais je rêvais déjà d'avoir mon propre chat et je faisais réellement comme si ce carré à roulettes en était un, lui confiant mes secrets et le menant partout où j'allais, même la nuit.

    Bien sûr, j'ai fini par m'en lasser. Lorsque nous avons déménagé pour le sud de la France, j'ai eu sept ans et j'ai commencé à supplier mes parents pour qu'ils acceptent de m'offrir un chaton ; en fait, certainement que je le leur demandais depuis plus longtemps, mais que l'idée du chat bleu, probablement venue de mes grands-parents, m'avait apaisée pour quelques années. Et puis, il y avait Camou que je voyais pendant les vacances. Mais quand Camou est mort, j'ai ressenti le vide que représentait l'absence d'animal à la maison. J'avais besoin de câliner un chat, d'entendre ses miaulements, ses ronrons, le silence de ses pattes agiles lorsqu'il entrait dans la pièce... J'avais besoin de sa présence, de son empathie, de ses grands yeux qui semblaient me comprendre.

    Mais mes parents refusaient catégoriquement de m'en offrir un. Sûrement pensaient-ils que je ne serais pas capable de m'en occuper et n'avaient-ils pas envie de prendre le relais quand je m'en lasserais... C'est à cette époque que j'ai eu mon premier oiseau.

    Alors j'ai commencé à écrire une histoire dans un petit cahier de brouillons, une longue histoire qui racontait comment je découvrais, près de chez moi, un bâton abandonné recouvert de traits sinueux représentant en fait une carte... Cette carte me menait au pays des chats et j'en trouvais un, le plus beau de tous, dont le pelage persan était d'un bleu marine presque noir, et dont les yeux d'or brillaient comme deux larmes de miel. Il me suivait, attendrissait mes parents, puis rencontrait une petite chatte et lui donnait des chatons... Ce conte-là remplissait tout un cahier de brouillon et n'avait pas le moindre intérêt, mis à part celui d'apaiser un peu mon désir ardent d'avoir un chat.

    Le chat bleu, qui se faisait capturer et que je parvenais à récupérer, a bien dû me suivre pendant des années, avant que d'autres soucis ne prennent le dessus et que je finisse par perdre le cahier...

     

    Un temps de chiens

    J'avoue que cette tête est peu engageante mais je n'ai trouvé que cette image...

     

    4. Les voisins

     

    Il y avait, dans mon quartier, de nombreux chats domestiques plutôt attachants. Ils ont bien entendu fait partie des solutions que j'ai employées pour palier ce manque chronique que représentait l'absence de chat chez moi. Souvent, je sortais dans la rue pour en câliner un. Le premier que j'ai rencontré est un siamois indolent qui appartenait - et appartient encore - aux voisins d'en face. A l'époque il devait avoir sept ans et je me rappelle que la première fois qu'il m'a été présenté, c'est par le fils qui s'amusait à le lancer pour le voir retomber sur ses pattes. Cela ne semblait pas particulièrement déranger le siamois, d'ailleurs, mais après tout, cet animal me surprend toujours par cette indifférence incroyable qu'il témoigne au monde... Une fois, il a disparu et on l'a retrouvé plusieurs semaines après dans un magasin d'animaux au coeur de la ville la plus proche, d'après ce qu'on m'en a dit - allez savoir pourquoi. Il ne semblait pas du tout traumatisé et dès qu'on l'a ramené au village, il a recommencé sa petite vie pépère comme si rien ne s'était passé. 

    J'aimais le câliner, bien qu'il ait quelques tiques et qu'il souffre parfois de sautes d'humeur assez surprenantes. Ce chat est très étrange : où qu'il aille, il miaule toujours, comme s'il appelait qui l'entendait, et c'est assez bizarre de le voir marcher tout seul en regardant devant lui et en miaulant pour lui-même ; quand il voit quelqu'un arriver, il se précipite sur lui au petit trot et son miaulement est soudain saccadé au rythme de ses pas. Souvent, il se dresse sur ses pattes arrières pour se faire caresser la tête ou bien se trémousse et oscille d'une patte antérieure sur l'autre lorsqu'une main passe sur son dos et entre ses oreilles. Mais il peut lui arriver de s'en lasser et de mordre, d'un coup. Pire, quand on ne veut pas le caresser quand il le veut, il est fréquent qu'il vous saute sur les chevilles et vous attaque méchamment.

    Ce chat reste une énigme pour moi. Il semble paresseux au possible, pourtant il a déjà rapporté des lapins, beaucoup de souris, des oiseaux... Il peut rester sur une route alors qu'une voiture arrive, il ne s'effraie de rien, pas même quand on lui hurle dessus parce qu'il est passé par la chattière d'une maison qui n'est pas la sienne et qu'il a dévoré le repas d'un autre chat. 

    Aujourd'hui encore, ce cher ami vient régulièrement dans notre garage et non seulement il mange sans se gêner le repas de Clochette, mais en plus, il se couche dans son panier et quand on a l'audace de venir déranger Monsieur dans notre garage, il nous regarde avec l'air de dire : "Oui, c'est pour quoi ?". Il se sent chez lui partout, tellement qu'il ne prend même pas la peine d'attaquer les autres chats pour les chasser, non, il débarque avec un naturel exaspérant ("Pardon, pardon, excusez-moi, j'habite ici") et les autres chats doivent être tellement désemparés devant ce comportement, qu'ils doivent se dire "Bon, ben il doit réellement habiter ici alors...". Clochette, elle a renoncé depuis longtemps à lui sauter dessus tant il l'ignore superbement. La pauvre s'est résignée à cohabiter avec lui et à nous observer, toujours d'un ai apeuré, chasser l'intrus à longueur de journée.

    J'ai aussi connu les chats d'une autre voisine, qui a d'abord eu une chatte grise, mignonne comme tout, mais qui n'appréciait que peu qu'on la dérange et qui a failli me crever un oeil, une fois, et ensuite un chat très grand qui louchait un peu, siamois à poils longs, que je trouvais très drôle mais que j'ai rarement pu approcher car il était assez peureux. 

    Une autre voisine encore, bien plus jeune que moi, s'est vu offrir une petite chatte tigrée à poils longs qui est, elle aussi, un phénomènen ambulant. Courte sur pattes, elle se déplace toujours avec le dos arqué en cuvette, la tête qui oscille près du sol, la queue en panache et les pattes pliées, comme si elle cherchait à se rouler mais qu'elle ne le faisait jamais. Elle arrive vers vous en se dandinant, un peu comme ces chattes en chaleur qui recherchent la compagnie des mâles et leur tournent autour en frottant leur ventre au sol et en remuant de l'arrière-train, dans un ballet parfaitement comique qu'il faudrait filmer plus souvent. Cette chatte donc, recherchait sans cesse les caresses mais devait constamment lutter contre elle-même parce qu'en même temps, elle était terrifiée par les humains qu'elle ne connaissait pas - oui mais elle voulait ses caresses. Elle déboulait de derrière le mur de son jardin telle une éponge ambulante et appelait insistamment - mais avec une voix aiguë et frêle, comme si elle s'excusait d'exister. On sentait qu'elle brûlait de se frotter à nous mais elle nous suivait, tournait autour de nous, sans parvenir à venir jusque dans nos pattes. Quand on décidait d'aller la chercher pour lui donner ce qu'elle désirait, il n'était pas rare qu'elle s'enfuie, mais juste assez pour se mettre hors de portée, et puis elle revenait nous harceler pour rien.

    J'ai quand-même réussi à la caresser plusieurs fois, et même à la porter, même si elle détestait cela et que si, au début, surprise par un telle geste, elle restait immobile dans mes bras, elle se reprenait au bout de quelques instants - elle était un peu lente à comprendre - et elle se tortillait comme une anguille pour se libérer. 

    Plusieurs fois je l'ai vue rôder autour de notre jardin, toujours aux limites, presque jamais près de la maison, comme un renard en faute. Elle a rencontré un mâle, on ne saura jamais lequel, peut-être le deuxième chat des voisins au siamois, un gros gris paisible, et elle a donné naissance à trois chatons dont l'un est décédé juste après sa naissance. Un noir a été donné, le deuxième, gris tigré de brun, vit toujours avec elle et a hérité de son miaulement comique.

    Un dernier chat que j'ai connu est un écaille-de-tortue, une femelle errante qui cherchait la compagnie et a été prise en pitié par plusieurs de mes voisins. Elle a changé de maître et de prénom plusieurs fois avant de trouver refuge chez des gens qui n'avaient pas d'animaux, juste au-dessus de chez moi. Très câline, elle ne cessait de chercher de l'affection, que je lui donnais avec d'autant plus de zèle qu'au début, j'avais l'espoir que nous puissions la recueillir. Mes parents ont refusé mais j'ai continué de passer du temps avec elle et elle me paraissait très gentille. Mais son caractère a, quelques années plus tard, changé radicalement et fait d'elle une chatte détestable. Je vous en parlerai plus tard car nous n'en sommes pas encore là.

     

    Chat écaille-de-tortue ; seules les femelles peuvent porter cette robe.

     

    5. Choupette

     

    J'ai eu Choupette pour l'anniversaire de mes dix ans. J'avais rencontré une fille de mon âge qui possédait une chatte ayant mis bas quelques jours plus tôt, prenant ses parents un peu au dépourvu. Or, je devais me rendre chez cette petite fille pour travailler avec elle, et elle m'a présenté les trois chatons, respectivement noir, gris et noire et blanche pour la troisième qui était, donc, une jeune femelle. La rencontre avec Choupette a été un peu catastrophique : il se trouve que la jeune mère avait caché ses petits dans la cave et il faisait un temps de chien ; la pluie est passée sous les portes et la cave s'est retrouvée totalement inondée, les chatons manquant de se noyer. Avec ma camarade, nous avons couru pour les sauver, juste à temps. Ils étaient frigorifiés et tremblaient comme des feuilles, aussi nous avons passé une bonne partie de l'après-midi à les sécher, puis à les faire jouer. Ils étaient vraiment tout petits ; je me souviens que le jeune noir n'arrêtait pas de jouer, et Choupette, quant à elle, n'avait pas l'air dans son assiette.

    Le soir, en rentrant chez moi, je me suis précipitée au devant de mes parents et je leur ai aussitôt parlé de la petite chatte ; ma mère, me voyant aussi suppliante et sachant combien j'avais besoin d'un chat, a eu l'air intéressé et elle m'a fait comprendre qu'elle en parlerait à mon père. Ceci fait, elle est revenue me voir pour me dire, avec l'air un peu gêné, qu'il n'y avait rien à faire, que mon père ne voulait pas, et qu'elle-même pensait que ce n'était pas le bon moment. J'en ai été tellement déçue que je n'ai pas mangé de la soirée.

    La semaine suivante, nous fêtions mon anniversaire. En voulant aller dans le bureau, j'ai entendu des chuchotements et des rires étouffés dans la mezzanine, mais je n'y ai pas prêté attention, je pensais simplement que ma mère discutait avec ma tante de l'organisation de la fête. Pourtant, le jour de mes dix ans, ayant ouvert tous mes cadeaux, j'ai vu arriver ma mère avec un carton de chocolats de Pâques fermé, le tenant précautionneusement en me recommandant d'être très douce, parce que c'était fagile. Je devait être naïve, parce que je n'ai en aucun cas soupçonné ce qui se trouvait à l'intérieur : on m'avait si souvent dit non que je m'étais résignée, encore une fois... 

    Lorsque j'ai ouvert le carton et que j'ai vu les deux yeux dorés de la petite Choupette, j'ai eu un moment de bug impressionnant. Puis j'ai poussé un cri et c'est la première fois de ma vie que j'ai compris ce que voulait dire "pleurer d'émotion". 

    Pendant le repas d'anniversaire, je n'ai pas cessé d'aller dans ma chambre, voir si Choupette se portait bien. Manque de chance, elle était vraiment malade : elle avait la diarrhée et son oeil s'est mis à couler, puis à se fermer. Nous avons dû la laver, ce qu'elle n'a pas du tout apprécié... Le lendemain, elle refusait presque de se nourrir et sa respiration était bruyante. Nous l'avons emmenée chez le vétérinaire, qui a eu un mal de chien à lui prendre la température, parce que malgré sa petite taille, elle griffait assez méchamment. 

    Le verdict est tombé, sans appel : coryza. Une maladie mortelle la plupart du temps chez le chaton. Ma mère a préféré ne pas préciser ce détail pour ne pas m'inquiéter, et heureusement, parce que croyant qu'elle allait guérir, je ne lui ai pas communiqué mon angoisse et c'est partiellement grâce à cela que, petit à petit, à force de patience et de soins attentifs, elle a fini par se remettre. Elle en a pourtant gardé une petite séquelle : plusieurs fois par an, un de ses yeux pleurait et se fermait pendant quelques jours. 

    Choupette est devenue une très belle chatte, courte sur pattes, angora, avec des yeux d'or magnifiques. Au début, elle était assez câline, mais seulement avec nous, et encore ; au bout d'un moment, quand elle se lassait des caresses qu'on lui apportait, elle s'éloignait. Dès son plus jeune âge, elle a cherché à affirmer son territoire, attaquant du haut de ses dix petits centimètres les chats adultes qui ne daignaient même pas lui accorder un regard. C'était très drôle, d'ailleurs, car elle se mettait en embuscade, grognait, attaquait, et les chats adultes restaient assis, regardant au loin. Elle était un peu ridicule !

    Mais en mûrissant, Choupette est devenue plus indépendante. C'est un peu ma faute si elle a commencé à être agressive : je l'avais habituée, sans m'en rendre compte, à jouer avec mes doigts, ce qu'il ne faut jamais faire, car le chat finit par prendre son maître pour un jouet et par lui sauter dessus, mordre ses pieds etc. Au bout d'un petit moment, quand je tendais la main à l'horizontale comme pour montrer quelque-chose du doigt, Choupette sautait et s'agrippait violemment à mon bras, le mordant avec force. 

    Une fois, chez mes grands-parents, un ami est venu nous rendre visite avec son golden retriever. Choupette n'avait jamais vu de chien et, très farouche, elle a paniqué, est grimpée dans un arbre et a miaulé jusqu'à ce que je vienne la chercher. Je l'ai prise dans mes bras mais le chien a aboyé, et elle m'a sauté sur la tête, plantant profondément ses griffes dans ma peau. J'avais des griffures partout, c'était assez douloureux - et pas très beau, accessoirement. 

    Nous partions à chaque vacance et nous emmenions Choupette avec nous. Seulement voilà : c'était une aventurière et elle disparaissait parfois pendant deux ou trois jours, me laissant toujours inquiète ; en plus, elle allait chez les voisins, qui ne supportaient plus, pour certains, de la voir s'y comporter comme si elle y était chez elle, dormant dans les placards, fouillant dans les poubelles, réclamant insistamment de la nourriture... Je pense qu'elle tenait cela de ses parents : sa mère était tout aussi vagabonde et son père était un chat des rues. En tout cas, un jour, nous devions partir pour deux semaines et Choupette avait disparu de la circulation depuis deux jours. Nous avons appelé, longtemps, utilisant la nourriture pour la faire venir, mais rien à faire, elle n'est pas venue. Obligés de partir, nous avons laissé un distributeur d'eau et de nourriture sur la terrasse, demandant à des voisins de venir régulièrement la nourrir, puis nous sommes partis. Quand nous sommes revenus de vacances, Choupette s'est faite attendre. Nous l'avons revue peut-être une journée, puis elle est repartie et n'a plus donné signe de vie. J'étais très malheureuse, je ne crois pas qu'elle m'ait aimé, elle me considérait surtout comme sa chose, celle qui lui donnait à manger - mais pas assez vite - et qui lui fournissait un lieu où dormir - qui ne semblait pourtant pas lui convenir. 

    A ma sortie de l'école, une mère d'élève est venue nous parler et a dit à ma mère avoir aperçu un chat noir et blanc écrasé sur le bord de la route. Cela faisait trois semaines que Choupette avait disparu. Nous avons tous pensé qu'elle était décédée. Nous avons encore attendu quelques jours et ma mère, me voyant malheureuse, m'a proposé, un peu gênée, si je voulais adopter un nouveau chaton. J'ai accepté.

    Il se trouve que, plusieurs mois après, Choupette est réapparue comme une fleur, comme si elle ne s'était jamais absentée, reprenant rapidement ses habitudes. Impérieuse, elle est entrée en miaulant, s'est précipité sur les gamelles, a demandé qu'on la serve, puis a filé se coucher sur un canapé où elle a passé la nuit. Nous n'en revenions pas, et surtout, nous étions très gênés, car nous avions une nouvelle chatte ; or, Choupette ne supportait pas les autres chats, elle ne cessait de les agresser ou de se faire agresser ; d'ailleurs, je pense que c 'est en grande partie pour cette raison que Madame a décidé d'aller vivre ailleurs.

    Le lendemain, Choupette a de nouveau disparu. Mais c'était notre chatte et nous nous devions de ne pas la laisser errer n'importe où. Nous avons fait le tour du village et avons fini par retrouver sa nouvelle maison, qu'elle avait d'ailleurs choisie sans demander l'avis des propriétaires (-__-), derrière un champ d'olivier perdu entre les collines. Les propriétaires l'avaient vue arriver comme ça, un jour, et elle était entrée chez eux de plus en plus souvent, jusqu'à ce qu'ils décident de la nourrir et de lui mettre un collier, remplaçant l'ancien qu'elle avait abîmé. D'autres personnes qui n'habitaient pas loin nous ont déclaré avoir vu Choupette fouiller dans leurs poubelles et s'être saisi de leur fusil pour tenter de l'abattre !

    Nous avons un peu eu honte que notre chatte soit devenue une chatte de gouttière, partiellement adoptée par des riverains - je dis partiellement, parce qu'elle allait chez eux surtout en hiver, quand elle n'avait plus rien à chasser ou à voler. Nous avons voulu la récupérer, nous l'avons enfermée quelque temps, mais elle a tout de même réussi à s'échapper, complètement bornée. Rien à faire : Madame s'était installée ailleurs et elle ne voulait plus de nous. Nous l'avons donc laissée à ses nouveaux maîtres et je crois qu'avec le temps, elle est devenue de plus en plus sauvage. Je doute que ces gens la nourrissent encore, elle doit se débrouiller totalement seule, parce qu'elle l'a décidé et que ça lui va bien. Elle est vraiment comme un animal sauvage, d'ailleurs : jamais on ne l'aperçoit, malgré sa fourrure très voyante, si elle n'a pas décidé qu'on avait le droit de la voir. Pourtant, là où nous habitons, les buissons sont bas et il n'y a presque pas d'arbres. 

    Elle est revenue nous voir très brièvement, deux ou trois fois, toujours en faisant comme si elle était chez elle et cherchant même à chasser la nouvelle chatte. Un soir, alors qu'elle était chez nous, elle s'est assise dans un coin tandis que ma petite soeur jouait sur le sol. Soudain, elle s'est tendue et lui a sauté dessus, la mordant et la griffant violemment. Plus tôt dans la soirée, elle s'était couchée sur mon lit et quand j'avais voulu l'en enlever, elle m'avait grogné dessus et j'avais vraiment eu peur, je m'étais figée ; j'avais vraiment redouté qu'elle me saute dessus, et sincèrement, je pense qu'elle l'aurait fait si j'avais fait un geste de plus. Ma mère est arrivée avec un balai et a chassé Choupette, parce qu'elle était devenue trop dangereuse pour nous. Depuis, nous ne la laissons plus entrer dans la maison les rares fois où elle vient. Même, Clochette qui est une crème, s'est mise à lui grogner méchamment dessus, et je crois qu'elle a compris qu'elle n'était plus la bienvenue ici. 

    Cela fait plus d'un an que nous ne l'avons pas vue. Peut-être n'est-elle plus en vie, comment le savoir ? Il y a beaucoup de chasseurs par ici... En tout cas elle n'a pas été malheureuse, jusqu'au bout elle n'a vécu que la vie qu'elle avait impérieusement choisie. 

     

    6. Clochette <3

    Clochette, c'est mon coup de coeur. Un véritable petit amour, de qui je suis tombée amoureuse dès la première fois que je l'ai vue.

    Quand ma mère m'a proposé d'aller chercher un nouveau chaton, nous avons épluché les journaux en quête d'une annonce, puis nous avons rendu visite à quelques particuliers qui donnaient leurs chatons. Aucun ne semblait réellement nous séduire, jusqu'à ce que nous tombions sur l'adresse d'une association qui recueillait des chats perdus, abandonnés, pour leur trouver un nouveau foyer. Au début, la dame nous a présenté des chats adultes, mais à l'âge que j'avais, douze ans à peine fêtés, je ne voulais pas imaginer d'adopter un animal déjà adulte. La dame a alors fini par nous donner un nouveau rendez-vous, nous disant qu'elle avait peut-être une "petite chatte tricolore" pour nous. Je l'ai aimée immédiatement, sans même l'avoir rencontrée.

    Quand nous sommes arrivés chez elle, il y avait des chatons partout, au moins une quinzaine, tous minuscules dont deux qui n'avaient pas plus de trois semaines. Certains couraient partout, jouaient, se sautaient dessus, miaulaient. Il y en avait qui restaient assis dans leur coin et regardaient dans le vide, d'autres qui semblaient particulièrement dociles. La dame nous a signalé qu'elle n'avait que trois femelles (nous préférions une chatte) et elle a attrapé les deux qu'elle a pu trouver, cherchant la troisième des yeux. Les deux étaient adorables, l'une était noire aux yeux verts, vraiment calme et douce, très docile. Elle s'est couchée là où la dame l'a posée, tandis que la deuxième, grise, n'arrêtait pas de miauler pour essayer de sortir de la cage provisoire dans laquelle on l'avait mise.

    Je voulais tout de même voir la "petite tricolore" dont nous avait parlé la dame. 

    Elle m'intriguait beaucoup. Mais ma mère a repéré un chaton vraiment mignon, un angora siamois aux yeux d'un bleu magnifique, qui se frottait à ses jambes. C'était un petit mâle mais elle en est tout de suite tombée amoureuse, elle m'a regardé avec des yeux suppliants et j'ai eu l'impression d'être dans le rôle de la mère. Et puis soudain, la "petite tricolore" est sortie de sous une étagère, comme une bombe, en sautant sur un chaton proche pour jouer avec sa queue. J'ai eu le coup de coeur dès que je l'ai aperçue, espiègle, coquine, un peu maladroite aussi... Elle était minuscule, je pense qu'elle n'avait même pas un mois et demi. Sa mère était décédée juste après avoir accouché d'elle et de son frère, en mangeant des boulettes contre les escargots. Son frère, c'était justement le petit siamois que tenait ma mère et pendant un instant, nous nous sommes regardées avec la même idée en tête : nous allions prendre les deux.

    Mon père serait furieux, mais nous prendrions les deux, ils étaient tellement adorables ! L'une, plus chahuteuse, qui miaulait dès qu'on essayait de la porter, et l'autre, calme et câlin, qui ronronnait comme un camion dans nos bras...

    Malheureusement, le jeune siamois était déjà réservé. Je crois que ça a déchiré le coeur de ma mère, même si Clochette la séduisait beaucoup aussi. Nous sommes donc parties avec Clochette, qui n'a cessé de miauler pendant tout le voyage et sur laquelle nous avons découvert toute une colonie de puces. Elle a tellement miaulé qu'à l'arrivée, elle n'avait plus de voix ! Elle a d'ailleurs gardé cette drôle de caractéristique ; dès qu'elle miaule trop, elle perd sa voix, c'est assez drôle.

    Quand je l'ai mise dans ma chambre, je me suis couchée sur le sol pour être à sa hauteur. Elle est alors venue se blottir contre moi en ronronnant, et elle a dormi ainsi pendant plus d'une heure. Quel amour !

    Dans les jours qui ont suivi, nous lui avons fait découvrir le jardin, même si elle n'a pas osé s'aventurer bien loin (en fait, elle est restée sur la terrasse), contrairement à Choupette qui avait immédiatement exploré la campagne alentour malgré ses deux mois et demi dans les pattes. Manque de chance pour Clochette, un chat complètement fou est passé par là, alors que nous étions à l'intérieur et qu'elle explorait prudemment. Ce chat, nous le connaissions : c'était la chatte des voisins, l'écaille-de-tortue, que j'avais pourtant câlinée plusieurs fois des mois auparavant. Je ne sais pas si c'est qu'elle était jalouse de ce chaton qui me détournait complètement d'elle, en tout cas, elle a sauté sur Clochette et ma mère est arrivée à la seconde près où Clochette risquait de mourir. La chatte était en train de l'étouffer, ses crocs resserrés sur son cou !

    La pauvre Clochette était dans un piteux état : elle avait une profonde entaille sous la patte qui saignait abondamment, et elle saignait du nez. Elle était complètement terrorisée. Je l'ai mise sur mon lit mais elle ne s'arrêtait pas de saigner, j'avais vraiment peur qu'elle ne s'en remette pas... Nous avons appelé les urgences vétérinaires qui nous ont dit de désinfecter et d'attendre de voir comment ça évoluait. Heureusement, elle s'en est remise petit à petit, mais elle boite toujours un peu aujourd'hui encore... Ceci-dit, il faut vraiment le savoir, on ne le perçoit qu'à peine.

    Clochette est un phénomène : elle est très câline mais pas pot de colle, elle ronronne très bruyamment et surtout, très facilement, et elle n'est pas agressive pour deux sous. Elle n'a pas appris à chasser puisque sa mère ne l'y a pas éduquée, aussi ne nous ramène-t-elle que très rarement des oiseaux ou des souris ; c'est plus courant de la voir revenir, en été, avec une sauterelle au bec, et quand elle était petite, c'était avec des fourmis qu'elle jouait. Je ris très souvent quand je la vois essayer de chasser : elle s'aplatit, remue des fesses pour sauter, mais met tellement de temps à agir que l'oiseau finit par s'envoler sans même l'avoir vue. Des fois, elle saute, mais elle échoue lamentablement. Elle n'est pas aventurière, en fait, elle reste dans le jardin et étend rarement ses promenades au-delà de notre terrain. Elle ne disparaît jamais deux jours à la suite et la seule fois où cela a été le cas, c'est parce qu'elle avait malencontreusement été enfermée dans un vide-sanitaire. Elle n'aime pas manger seule, généralement elle miaule en espérant que l'on vienne la regarder faire, mais elle n'obtient pas gain de cause et finit par se résigner. Elle mange je ne sais pas combien de fois par jour, mais toujours des quantités minuscules, je ne sais pas pourquoi.

    Très peu agressive envers les autres chats même si elle n'aime pas leur présence, elle s'est même résignée à tolérer la présence du chat d'en face, tant il vient souvent dans notre garage.

    Elle nous accompagne en vacances, elle est vraiment présente. Je ne compte plus les câlins que j'ai pu lui faire. Le matin, elle vient gratter à ma porte pour dormir sur mon lit, et elle entre en ronronnant fortement. Quand je pleure ou que je suis triste, elle le ressent immédiatement et me dévisage comme si elle me disait "Je comprends ce que tu ressens, je suis avec toi", avant de venir se blottir contre moi. Une fois, j'étais très malheureuse et je me suis mise à plat ventre sur le lit en pleurant, la tête appuyée sur mon bras de telle manière qu'on ne distinguait plus mon visage. Elle qui était roulée en boule au bout de mon lit, elle s'est levée, est venue tout contre moi et s'est débrouillée pour passer sa tête entre mes bras, pour pouvoir me regarder et attirer mon attention. Elle semblait tellement me comprendre, et c'était une si mauvaise position pour elle...

    En fait, j'ai l'impression d'avoir partagé énormément de choses avec elle, et son empathie me la rend plus proche encore. Elle n'a pas besoin de mots pour me comprendre, elle ressent, ça n'en est que plus fort. Il me suffit parfois de la serrer dans mes bras pour me sentir mieux ou plus détendue. Je sais qu'elle m'aime comme je suis, que je n'ai pas à changer mon comportement pour lui plaire ; elle se contente de peu pour m'aimer, elle n'a pas besoin de cadeaux, elle ne se sent jamais trahie, il n'y a pas de quiproquos entre nous, juste les câlins, les jeux et les conversations silencieuses. C'est une relation un peu... fusionnelle, si l'on peut dire, où l'on ne se prend pas la tête. Elle est contente de me voir et je suis contente de la voir, pas d'embrouilles, pas de disputes. C'est vraiment reposant, et c'est très rassurant : je sais qu'elle ne me lâchera pas comme l'a fait Choupette ou comme le ferait un faux ami.

    En fait, c'est simple à dire mais c'est bien vrai :

    Je l'aime.

    Un jour, quand elle a disparu pendant deux jours à cause de cet enfermement, j'ai pensé au fait que ma mère viendrait certainement, si Clochette ne revenait pas, me proposer d'adopter un nouveau chaton. Cette simple idée m'a fait venir une violente crise de larmes. Clochette, elle est irremplaçable. Je ne vois personne à sa place, personne. Ce n'est pas comme avec Choupette ; le jour où, le plus tard possible je l'espère, Clochette viendra à disparaître, je ne pourrai pas avoir de chat avant des mois, voire des années, je pense. Je l'aime tellement... 

     


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