• Un temps de chien

     

    1) Lapins de garenne

     

    J'ai eu quelques aventures avec des lapins sauvages, aventures qui m'ont d'ailleurs assez marquée. Il se trouve qu'un des chats du voisin est bon chasseur et, un jour, alors que j'étais encore à l'école primaire, il est arrivé avec un jeune lapin dans la gueule. Nous croyions tous qu'il était mort, mais lorsque le chat l'a posé, le lapin a détalé dans la rue. Tous les enfants qui jouaient là lui ont alors couru après, et je ne sas pas comment, je me suis retrouvée en tête du groupe. Finalement, le petit lapin terrorisé a été acculé près d'un mur et je suis arrivée sur lui en même temps qu'un garçon. Nous nous sommes regardés pendant une fraction de seconde, puis nous nous sommes baissés et je l'ai attrapé en première. Le petit animal tremblait dans mes bras, j'avais peur qu'il soit blessé. Je suis remontée jusque chez moi avec le garçon sur les talons, qui voulait le porter aussi. Je suis rentrée et ma mère, en voyant la boule de poils, a crié "C'est un rat ??". 

    Le lapin ne semblait pas blessé, mais il avait tellement peur qu'il m'a fait pipi dessus. Le pauvre, je ne l'ai pas aidé à se calmer, j'ai réagi en l'éloignant de moi à bout de bras, comme dans Le Roi Lion, pour qu'il achève de faire pipi autre part que sur mon manteau... J'aurais dû le laisser contre moi, ça aurait limité le stress. Heureusement que ma mère a eu la bonne idée d'aller le relâcher loin dans la campagne, pour qu'il puisse souffler un peu. Il a aussitôt détalé !

     

     

    Nightshade, d'Andréa Cremer =(

     

    Plusieurs années ont passé, jusqu'à l'année de mes quatorze ans. C'était à la Toussaint, les vacances venaient de commencer. Notre jeune voisine est soudain venue sonner chez nous avec un nouveau bébé lapin dans les bras, tout aussi terrifié, en disant que son chat le lui avait ramené mais que ses parents ne voulaient pas s'en occuper. J'ai couru chercher la cage de transport de Clochette, ma chatte, et y ai mis du sable, puis la petite voisine y a déposé le lapin. En un quart de seconde, un nuage de poussière a volé et quand il s'est dissipé, le lapin avait disparu ! J'ai cherché partout avant de m'apercevoir qu'il n'avait pas quitté sa cage : il s'était dissimulé entre le sac poubelle qui tapissait le sol de la cage, et la paroi de la cage. Il l'avait fait vraiment vite, c'était bien trouvé ! 

    Nous avons gardé le petit animal en observation pendant plusieurs jours, le temps qu'il se remette complètement. Je l'ai nourri avec des pommes, des poires et des carottes que je coupais en morceaux et qu'il dévorait dès que j'avais le dos tourné. Ce n'était pas une très bonne idée, je l'ai appris plus tard, car les lapins ont un estomac très fragile et il faut éviter de modifier leur régime alimentaire. Or, un lapin sauvage ne mange pas des carottes ou des poires... Mais le nôtre ne semblait pas malade. Au contraire, de jour en jour il paraissait en meilleure santé. Des fois, j'allais dans la salle de bain où nous avions mis la cage, et je le faisais sortir pour l'aérer un peu. Il était vraiment adorable avec ses oreilles toutes droites, ses grands yeux noirs, ses grosses pattes arrières et son insatiable curiosité ! Il surmontait sa peur pour explorer, il fouinait partout, c'était très drôle.

    Une fois, il est tombé dans la baignoire en voulant grimper sur les bords glissants. La première fois que c'est arrivé, je l'ai porté et l'ai reposé sur le carrelage, mais il semblait s'en amuser. Quand il est retombé, il a fouiné dans la baignoire et d'un coup, il a fait un bond prodigieux et s'en est sorti tout seul. J'ai éclaté de rire.

    Finalement, nous l'avons relâché à la fin des vacances, dans un champ. Il ne voulait pas sortir de la cage, mais il a fini par reprendre goût à la liberté et a filé dans un buisson. Je lui ai laissé de la nourriture mais il ne l'a pas mangée. Je ne sais pas s'il a survécu, je ne peux que me contenter d'espérer que oui...

     

    2) Thalie

     

     

    Salut !! Moi c'est Thalie !! Quoi, pourquoi vous rigolez ? Oh, ça va hein, c'est pas moi qui ai pris la photo, et puis vous savez quel âge j'avais, là-dessus ? Quatre mois, parfaitement messieurs-dames. Je vous rassure, je ne suis plus aussi bouboule maintenant, ça non, Maman (enfin, ma maîtresse, mais elle me gronde souvent comme une mère alors bon, j'ai pris l'habitude de l'appeler Maman...) ne me nourrit jamais trop, d'ailleurs qu'est-ce que ça m'énerve ! J'aimerais bien manger à longueur de journée, si je pouvais, m'enfin ce n'est pas de son avis. Rabat-joie. Mais reprenons. Alors voilà, à l'époque de cette photo, je n'ai pas encore de nom. Je vous raconte mon histoire ? Oh si, dites oui, dites oui ! J'adore raconter mon histoire, j'adore qu'on me regarde et qu'on m'écoute, de toute façon ! C'est oui ? Oh, merci !!!

    Vous ne le regretterez pas, ma vie est passionnante, sans vouloir me vanter. Si-si, je vous assure !

    Bon alors, commençons par le commencement : la vie de Maman avant mon arrivée. Une vie d'humaine, quoi : flanquée dans son petit studio, elle fait ses études dans une grande ville et sa famille lui manque. Quand je dis sa famille, je parle aussi de la chatte, Clochette, parce que Maman, elle a toujours adoré les animaux et je crois qu'elle ne peut plus s'en passer. Déjà que ses propres parents et ses soeurs lui manquent terriblement, alors en plus, si elle ne peut pas câliner une boule de poils, elle en devient folle ! C'est cool pour moi, ça, d'ailleurs, parce qu'elle en a, de la tendresse à revendre, du coup !

    Bref, passons aux choses sérieuses : moi. Ben oui, les vies d'humains, c'est pas ce qu'il y a de plus passionnant !

    Maman fait donc des recherches pour savoir quel animal lui conviendrait le mieux dans un espace confiné comme celui de son studio. Elle finit par tomber sur un site qui parle des lapins et explique comme ces petits animaux sont surprenants. Nous sommes des bébêtes récemment devenues animaux de compagnie ; avant, on ne nous élevait que pour nous manger. Saviez-vous que nous n'avons pas le cerveau d'une souris ni l'odeur d'un hamster ? Nous sommes uniques en notre genre, nous ne sommes même pas des rongeurs, d'ailleurs : nous sommes des lagomorphes. C'est très important, comme différence : les rongeurs ont des comportements différents des nôtres et on nous compare trop souvent à eux, il ne faut pas ! D'abord, et c'est important, nous, au moins, on fait des crottes sèches qui ne puent pas et ne salissent pas ! Ca, c'est bien pratique. Ensuite, nous ressemblons à un mixe entre un chat et un chien : comme le chien, nous nous attachons énormément à notre maître duquel nous sommes totalement dépendants, comme lui nous sommes parfois maladroits et patauds, comme lui nous pouvons faire la fête, faire de l'agility (et si !), jouer avec une baballe ou un bout de bois, sauf qu'au moins, nos maîtres n'ont pas à nous sortir le matin et le soir pour nous aérer et nous permettre de faire nos besoin ; comme le chat, nous sommes propres et nous passons énormément de temps à notre toilette : notre poil est brillant, nous ne puons absolument pas, nous adorons nous étirer, dormir, nous étaler de tout notre long, faire de petits bruits rigolos... Et nous sommes bien moins indépendants qu'eux. La différence avec le chat et le chien, c'est que nous sommes plus fragiles : attention à ne pas nous faire sortir seuls de notre cage, nous pourrions tomber dans l'escalier, mordiller un fil et s'électrocuter (ah oui, le gros défaut : nous adorons grignoter...)(remarquez, ce n'est pas moi que ça dérange !) ; il ne faut pas nous mettre dans le jardin si nous ne sommes pas vaccinés, nous attrapons très vite des maladies, il faut nous couper les griffes tous les six mois, il ne faut pas nous faire trop manger sous peine d'indigestion parfois mortelle... En plus, nous sommes nuls pour faire la différence entre un poison et un comestible. Attention, donc, on compte sur vous pour nous avertir ! Nous sommes d'une candeur et d'une naïveté qui font de nous des éternels bébés. Mais nous sommes très intelligents, malicieux, ultra-câlins et il faut savoir nous écouter !

    Enfin bref, je pense que Maman fera un petit topo à la fin de mon autobiographie, pour briefer les maîtres de lapins qui ont besoin de conseils ! Elle vous dira tout.

    Une fois sûre qu'elle veut un lapin et surtout, que c'est possible, Maman demande à ses parents qui finissent par lui dire oui. Immédiatement, elle cherche quelle est la meilleure solution pour acquérir un lapin qui soit en bonne santé, du bon sexe aussi, qui ait le bon âge et ne soit pas agressif. Dur, hein ? Pareil, tout ce qui concerne le choix du lapin et de l'endroit dans lequel on le trouve, c'est dans le topo à la fin de mon histoire, d'acc ? Attendez là ! Oh ! N'y allez pas maintenant, je n'ai pas fini !

    Ca, c'est Fleur. C'est l'image sur laquelle Maman est tombée au bout de quelques heures de recherches intensives sur le net. Elle l'a vue cette petite bête, et elle a totalement craqué ! Vous m'étonnez, je sais bien que nous, les Nains Feux Noirs, on est les plus beaux ! On dirait qu'on a un costard trop grand, pas vrai ? Ah, cette petite Fleur, je dois avouer qu'elle est vraiment super mignonne, mais je vous assure, je n'ai pas de raison d'être jalouse. La petite bête vient d'un élevage, on ne trouve pas de "pur race" en animalerie; manque de pot, nous sommes des lapins assez rares, et surtout en France ! Aussi, Maman ne trouve que deux éleveurs dans le pays : une jeune femme près de Toulouse, et un homme qui pratique depuis quarante ans, dans les Yvelines. Mon éleveur, de chez qui vient Fleur, d'ailleurs. La petite Fleur appartenait à une famille jusqu'à ce qu'un accouchement malheureux ne la tue... Enfin, ce n'est pas l'histoire. Oui, je sais, je ne cesse de me disperser, mais que voulez-vous, c'est moi tout craché, ça ! Je ne suis pas capable de suivre une idée et de m'y tenir, c'est un truc d'humain, ça.

    Bref, Maman appelle immédiatement mon éleveur, qui s'appelle Daniel Nold, et lui demande s'il lui reste des jeunes à vendre. Bien sûr qu'il en a, il en a toujours ! Des gens viennent de Belgique et d'Irlande pour lui acheter ses petits lapins ! Certains débarquent pour lui en prendre un et repartent avec toute la famille. Dingue, non ? C'est que nous sommes tellement mignons... Monsieur Nold répond à Maman qu'il possède bien une petite femelle qui devrait correspondre à ses attentes ; c'est là qu'il m'attrappe (l'horreur, je déteste ça !!), me place sur une pierre recouverte d'un paillasson doux et me prend en photo.

    Re-moi ! En me voyant, Maman craque ; pour elle, je suis sa petite lapine rien qu'à elle. Elle passe l'après-midi sur Internet à la recherche d'un prénom et flashe sur Thalie. Avant même d'avoir pu me voir en vrai, elle me baptise donc Thalie, et entreprend d'essayer de m'obtenir... C'est qu'elle est à l'autre bout de la France ! Dur de venir me chercher, alors comment faire ? J'avoue qu'elle a une chance incroyable : Monsieur Nold a un ami qui rentre chez lui dans le Sud, à quelques dizaines de kilomètres de chez Maman. Mon arrivée est prévue pour la mi-Toussaint, mais manque de chance cette fois, l'ami en question a un souci le jour prévu. Maman est déprimée, elle pense que je ne serai jamais pour elle, et elle se dit qu'elle s'est tellement faite à l'idée que ce serait moi sa lapine, qu'elle aura du mal à choisir un autre lapin dans une animalerie... Elle a préparé mon arrivée avec minutie, m'achetant tout ce qu'il me faut pour mon bonheur, elle n'attend plus que moi, et elle se rappelle d'une fois où elle est allée dans un magasin spécialisé, où elle a vu les lapins à vendre et où elle s'est dit: "Thalie est plus belle !". Je ne peux pas être à quelqu'un d'autre, pas possible !

    Heureusement, l'ami de Monsieur Nold trouve une autre date, et voilà que le rendez-vous est reporté à la semaine de la rentrée. Un soir, mon éleveur vient m'attraper dans ma cage et me fourre dans une espèce de boîte toute noire et tellement exiguë ! Brrr, je n'aime pas ça. Mais je garde mon calme, ça ne sert à rien de s'énerver. Heureusement que je suis zen, d'ailleurs, parce que Monsieur Nold avouera après à Maman que si j'avais été angoissée, il ne m'aurait pas laissée partir, de peur que je ne décède pendant le voyage...

    En fait, je suis très sage. Evidemment que j'ai peur, mais bon, ça va quoi, de toute façon ça ne sert à rien de paniquer. Si ? Bof... Je voyage dans ce machin pendant cinq longues heures, après avoir traversé une gare super bruyante - dur-dur, après le calme de chez Monsieur Nold ! Et c'est pas fini, après, nous traversons une nouvelle gare, et j'entends les voix de deux hommes qui discutent et s'échangent des politesses. Oulà là, comme ça bouge, ce machin ! C'est le père de Maman qui vient me chercher, parce que Maman ne peut pas, elle est en cours... Après encore une heure de route, nous arrivons dans le petit studio et le monsieur pose mon carton sur le sol en attendant l'arrivée de Maman. Cette dernière, je l'entends arriver : elle est essoufflée, elle a couru depuis son école pour me voir ; elle balance son manteau dans un coin, elle pousse de petits cris fascinés et voilà qu'elle attrape mon carton, me déplace, me pose au milieu d'un truc qui sent bon... Mmm, ça sent drôlement bon. Paille. J'adore la paille, ça me rappelle mon ancienne maison !

    Je suis dans une cage, une grande cage à barreaux bleus, rouges et jaunes. Il y a une cabane en bois là-bas, parfait. En deux temps trois mouvements, je traverse la cage et m'engouffre dans ce coin d'ombre rassurant. Il y fait moins sombre que dans mon carton, et ça sent bien meilleur. Je peux observer discrètement ce qui se passe, reprendre mes esprits, avant de me décider à ressortir. Maman enlève le carton désormais vide, referme la cage et s'éloigne. Elle est tout excitée, mais je perçois chez elle une agitation angoissée. Je n'aime pas l'angoisse, c'est stressant ! 

    Le soir, je commence déjà à m'étaler de tout mon long dans ma cage, signe que je suis à l'aise. Bon, je suis tout de même un peu grognon, parce que quand-même, il est pas gêné, l'éleveur, de m'avoir fichue là ! Je ne reconnais rien, rien du tout ! Heureusement, Maman est gentille avec moi, elle m'observe pendant de longues minutes, me parle, me donne des granulés, du foin et des carottes, mais je n'ose manger que les granulés. Je n'ai jamais goûté au reste. J'adore grignoter ma paille, par-contre, alors que c'est censé être de la litière, mais que voulez-vous, je suis une gourmande ! Et surtout, une mâchonneuse.

    Petit à petit, je m'habitue à ma nouvelle maison. Je refuse de sortir de ma cage, j'y suis bien, je n'ai aucune envie de m'aventurer vers l'inconnu. Bon, d'accord, si, j'ai envie, mais... Oui bon ben voilà hein, je ne suis pas courageuse, voilà, vous êtes contents ? Qu'est-ce que vous croyez, comme si les lapins étaient réputés pour leur courage, pff. Moi, je m'énerve ? Non, pas du tout. D'abord, la lâcheté ça a du bon, zavez qu'à demander aux opposums dans L'Age de Glace 3. Na.

    Finalement, je craque pour les carottes et, un peu plus tard, pour le foin. C'est bon, ce truc ! Carottes, mon péché mignon, j'en mangerais pendant des heures. Regardez, je suis encore timide sur cette image mais j'ai déjà perdu ma tête renfrognée !

    Nightshade, d'Andréa Cremer =(

    La vache, qu'est-ce que j'ai l'air bébé, là-dessus ! Et surtout, timide, très timide. Vous me verriez aujourd'hui, rien à voir ! Enfin, on n'en est pas là.

    Pendant les deux premiers mois, la cohabitation n'est pas facile tous les jours. Maman est stressée, déprimée, et moi je ne suis pas un chaton, j'ai besoin de temps pour m'acclimater... Maman a besoin de me serrer dans ses bras mais je déteste qu'on me porte, elle a beau essayer de m'y habituer, je ne supporte vraiment pas. Ces énormes doigts qui se referment autour de ma taille, qu'elle horreur !! Et cette hauteur, berk !! Je me tortille comme une anguille et je réussis toujours à m'échapper. Maman voudrait aussi me caresser, mais depuis qu'elle a réussi à me faire sortir de ma cage en enlevant carrément les barreaux et en plaçant ma gamelle de nourriture à l'extérieur, je ne cesse d'explorer et les caresses ne m'intéressent pas. Je fouine partout et puis elle, de toute façon, je ne la connais pas, je ne sais pas ce qu'elle me veut, c'est une étrangère et je ne vois pas pourquoi je serais câline avec elle ! Ce n'est pas que je ne l'aime pas, c'est juste que je n'ai pas spécialement d'affection pour elle, quoi, surtout qu'elle dégage des ondes d'angoisse, ce n'est pas très attirant. En plus, elle me gronde souvent parce que je mordille tout ce que je vois. Ben quoi ? Moi, quand j'aperçois un objet, je le mords, pour voir si c'est comestible. Deux solutions : soit ça ne l'est pas, et je n'insiste pas, soit ça l'est, et je continue tranquillement mes mâchouillis. Par "comestible", j'entends tout ce qui est dur, se détache à force de morsure et peut s'avaler. Donc, les pieds de table, les plaintes sur le bas du mur, le mur lui-même, les meubles, les livres... J'adore. Je pourrais passer mon après-midi à grignoter, sans rire ! Vous, vous mâchez bien du chewing-gum, ben moi, mes chewing-gums, ce sont les meubles, que voulez-vous ! Vous devriez essayer un de ces jours, je ne m'en lasse pas. Quoi ? Si Maman me gronde toujours autant ? Ben oui, quelle question. A chaque fois que je mordille quelque chose, elle me gronde très fort, mais ses haussements de voix et ses "pssccchhhhtt !!!" ne me font plus peur, à l'usure je m'y suis habituée. Mais non, je ne veux pas l'embêter ! Bon, j'avoue, il y a eu une période où dès qu'elle me grondait, je la regardais comme si je n'avais rien fait, j'attendais qu'elle se retourne et je recommençait, rien que pour la mettre en colère. Mais ça, c'était avant. Maintenant, je ne cherche plus à la défier, je l'aime beaucoup ! C'est juste que je ne peux pas résister et j'"oublie" les interdictions... Surtout que c'est bien pratique pour attirer son attention quand elle ne s'occupe plus de moi, au moins, elle est obligée de se concentrer sur moi. Et après j'ai un truc infaillible pour passer de longues minutes avec elles : dès qu'elle me gronde, je fais mes gros yeux effrayés, je baisse les oreilles en signe de soumission et je prends mon air du Chat Potté, comme si je ne savais pas pourquoi elle me criait dessus. Du coup, elle a l'impression d'être le bourreau et elle ne peut s'empêcher de me caresser et de me dire des mots doux juste après, histoire de se faire pardonner. Mmm, c'est bien agréable ! Bon, il y a des fois, tout de même, où ça ne marche pas et j'atterris dans ma cage... Mais bon, les statistiques me montrent que tout de même, j'ai plus de chance que ça finisse en câlin qu'en punition dans la cage. En parlant de ça, Maman a la manie de me donner trois brins de granulés dès que j'entre dans la cage sans faire d'histoires, du coup je ne perçois pas le fait de devoir rentrer dans ma cage comme une punition, parce que 9 fois sur 10, j'y trouve une petite récompense. Ca lui permet de m'envoyer pêtre dans ma cage sans récompense quelquefois sans que je l'assimile comme une punition permanente.

    Ca, sans surprise, ben c'est moi. J'explore, et c'est pas fini :

    Ah non, le bazar derrière, c'est pas moi qui l'ai mis ! Qu'est-ce que je suis bouboule, à cette époque ! Donc voilà, j'explore et j'évite les mains de Maman qui voudrait bien me caresser.

    Un mois passe et je deviens grognon. Quand Maman change ma cage, je saute sur la pelle, puis sur sa main, et je donne des coups de griffe frénétiques. Oh non, je ne mords pas ! Mais je griffe et ça fait tout de même mal ! Maman pense d'abord que je suis en chaleur, étant donné que les femelles sont très territoriales, puis elle craint que je ne l'aime pas. En fait, je l'aime bien, mais je ne suis pas assez attachée à elle pour accepter qu'elle vienne mettre ses gros sabots dans ma cage à moi ! Pire, des fois elle s'approche de ma gamelle, alors là attention hein ! Ma gamelle à MOI. Mes granulés. Ma carotte. Mais il faut dire aussi que chaque semaine, elle m'attrape, me fourre dans une petite cage de transport et nous passons une heure et demie dans un train... Je n'aime pas beaucoup ça, du coup chaque fois qu'elle met ses mains dans ma cage, j'ai peur qu'elle cherche à m'attraper pour me mettre dans cette éternelle petite cage.

    Des fois, Maman s'énerve parce que je l'agresse. Je précise tout de même, je ne l'agresse pas toutes les cinq minutes ; en dehors de ma cage, je suis charmante, malgré le fait que je fasse toujours autant de bêtises. Petit à petit cependant, je deviens de plus en plus câline. Des fois, quand Maman est assise sur son fauteuil bas, je monte avec elle et je la laisse me caresser pendant de longues minutes, voire parfois, plusieurs heures. Je commence à jouer, à courir autour de ses pieds, à faire du trampoline sur le fauteuil (si si, je vous assure ! C'est trop drôle, vous n'avez jamais essayé de faire des pirouettes et des demi-tours sur un truc mou ? C'est génial !!) et quelquefois, je suis Maman quand elle se déplace. Donc, tout ne va pas mal !

    Là, je prends du bon temps en plein sur le lino. Près d'un dictionnaire qui porte déjà les marques de mes dents, mais chut ! faut pas le dire. Quelle drôle de tête j'ai ! Aujourd'hui, j'ai l'air beaucoup plus espiègle, vous verrez dans les prochaines photos !

    Viennent les vacances de Noël. Maman est tout à coup bien plus détendue, elle semble tellement plus heureuse ! Elle est pressée de me présenter au reste de la famille, j'ai déjà une cage toute prête là où nous allons. Encore une heure et demie de train, puis le lendemain, trois heures de route... Brrr, je déteste ça. J'ai fait connaissance avec Clochette, mais ça me fait tout bizarre de me retrouver dans une cage à côté de la sienne. Oh, je n'ai pas peur d'elle ! Je me demande bien ce qu'elle est, cette grande chose poilue, au regard vif, aux pattes roses et à la queue qui remue ! Quand nous nous croisons, je cours vers elle, je la renifle, et elle, elle s'enfuit. J'adore la suivre, j'ai toujours envie de faire un brin de conversation avec elle :

     

    "Eh, toi là, attends ! Tu vas où comme ça ? Et dis-moi, qu'est-ce que tu es, comment tu t'appelles, quel âge as-tu, qu'est-ce que tu manges ? Tu veux jouer avec moi ?"

    Méfiante et drappée dans sa dignité, Clochette ne me répond pas, elle se contente de me renifler avec distance puis dans s'en aller, un peu perdue. Toute façon, je m'en fiche, un jour elle sera ma copine, voilà.

    Bref, pendant les vacances de Noël, je m'éclate. Il y a des gens partout, et j'adore les gens ! Je ne suis pas peureuse pour un sou, j'ai eu le temps de m'habituer aux changements de lieux et de visages, et puis Maman est là, avec ses parents et ses soeurs que je connais ; les cousines, la grand-mère et la tante, ça, je ne connais pas, mais je me complais dans mon rôle de petit lapin tout mignon que tout le monde regarde. Ils sont tous devant ma cage à m'admirer, à m'appeler, à me tendre des friandises - au grand dam de Maman qui râle parce qu'il ne faut pas me nourrir toute la journée - et bientôt, je commence à explorer à l'extérieur de ma cage. Maman a mis le temps avant de comprendre, mais pour que je sorte de ma cage, il faut que je me sente en confiance, et pour ça, il me faut un objet connu à proximité. Or, dans le studio, le fauteuil sur lequel je joue est recouvert d'un drap que je connais bien, et Maman l'a emporté pendant les vacances. Elle l'étend sur le sol et je sors immédiatement, me limitant d'abord au seul drap comme périmètre d'observation, rentrant fréquemment dans ma cage mais en ressortant aussitôt. Très vite, je visite partout sur ce tapis du salon que j'aime beaucoup, et où je fais des pirouettes. C'est génial, il y a tellement de monde que je fascine, que je passe ma journée dehors. Quand ce n'est pas Maman, c'est une soeur, une mère, une cousine qui me fait sortir (car il faut me surveiller, je mordille toujours autant !). Je joue avec tout le monde, c'est vraiment super. Et surtout, je passe du bon temps avec une Maman détendue, heureuse, prête à me faire tous les câlins que je veux. Sa mère lui a dit :

    "Rappelle-toi que tu n'as rien à attendre d'elle, c'est à elle d'attendre de toi, ne l'oublie jamais".

    Depuis, elle a toujours cette phrase en tête. Au début des vacances, quand Maman met sa main dans ma cage, je l'agresse, mais très vite, comme elle ne s'énerve pas et va tout doucement, je finis par la tolérer et même, par aimer qu'elle vienne me caresser jusque dans ma cage. Elle me parle doucement, passe des heures sur le tapis avec moi, m'embrasse, et je grince des dents de plaisir. Oui, c'est comme le ron-ron du chat, le grincement de dents. Même, elle arrive à me porter ! Mais pas longtemps, je n'aime pas ça et elle le sait. Elle renonce à l'idée de m'y forcer, j'en suis bien heureuse !

    Pendant ces deux semaines, je m'attache beaucoup à elle. Je commence à comprendre qu'elle est ma maîtresse, et j'aime sa présence, vraiment.

    A la rentrée, Maman change ses études et rentre chez ses parents. Fini le studio, finis les allers-retours, fini le train ! Je suis au milieu de toute la famille, ravie. Maman, qui récupère ma cage du studio connecte deux cages ensemble (car il y avait aussi une cage dans la maison familiale) et j'y suis vraiment très bien, surtout que l'une d'elles est tapissée d'un drap, c'est doux et très agréable.

    Bon, désolée, je n'ai pas réussi à redresser l'image, m'enfin vous voyez au moins dans quoi je vis. C'est-y pas cool, ça ? J'adore ! Il y a plein de chambres ouvertes, plein de jouets à mâchouiller (arf, si Maman m'entendait...), plein de gens pour me faire jouer ! Je passe des heures dans la chambre de Maman, sur un coussin où j'aime dormir. Je joue avec elle, je la suis comme un petit chien ! Ben oui, c'est très drôle de la suivre, je me demande toujours où elle va, et puis je veux d'autres caresses, moi ! En plus, ça me fait courir, et j'adore courir. Bon, le parquet est traître, je fais souvent des dérapages de dingue et je m'étale de tout mon long, mais à part ça, c'est drôle, et puis même pas mal d'abord. Ca aussi, je suis habituée : je tombe tout le temps. Une fois, j'essaie de monter sur un tas de livres qui s'écroule, une autre je veux sauter un obstacle et je reste coincée deux pattes d'un côté, deux pattes de l'autre, une autre je grimpe sur les peluches et dérape lamentablement...

     

     

    Ah oui, là j'ai une tête super concentrée,vous avez vu ? Je fais comme les chats qui, pris de folie soudaine, grimpent à un arbre et une fois en haut se demandent comment ils vont en redescendre et surtout, comment ils ont atterri là. Bon, ben pareil, sauf que moi, au contraire du chat, je ne sais pas miauler, donc je descends toute seule comme une grande. Toujours pas mal !

     

     

     

     

     

    Regardez comme je suis haut : 

    Trop la classe hein ! Mmmouais, je suis assez fière de cette cascade.

    Toute façon, j'adore faire la folle. Quand Maman monte les escaliers, je l'entends et je lui fais la fête : je fais des allers-retours ultra-rapides dans ma cage, je saute partout, parfois même je gémis ! Je me dresse aussi sur mes petites pattes arrières, en espérant qu'elle va me caresser, et si c'est le cas, je me couche en poule et je grince des dents. Elle s'amuse à courir de l'autre côté de ma cage en criant : "coucou !!" et moi je la rejoins au galop, puis elle va de l'autre côté, je la rejoins etc. A force, ça donne le tournis mais c'est très drôle !

    Pendant les vacances de Février, Maman m'emmène au sport d'hiver, et j'adore le gîte ! On me met dans le séjour, comme ça je vois tout le temps du monde, et je peux sortir encore plus souvent ! Grâce à mon drap, je sors donc très vite et je suis toujours aussi ravie de voir rentrer mes maîtres du ski, même si au début, je les ai pris pour des monstres avec leurs combinaisons ! 

    A la maison, Maman met la radio et j'adore, ça m'endort, j'en grince des dents de plaisir. J'adore Le Cavalier sans tête de Damien Saez, ou encore L'un Part l'autre reste, de Charlotte Gainsbourg, sans parler d'Ibelin, une musique de Kingdom of Heaven. Il y a Farewell d'Apocalyptica aussi ! Je vous assure, je suis mélomane, ça fascine Maman d'ailleurs. Ben oui, attendez, vous imaginez, quand je suis angoissée ou excitée, il suffit d'une ou deux musiques pour me calmer ! Tenez, rien que pour ça je vous en mets quelques-unes, miam :

    Ah, Saez... Grrr, grrr... (oui bon, comment voulez-vous trouver une onomatopée pour le grincement de dents ?)

    'ttention, une autre :

     

     Celle-là, elle m'endort en cinq minutes !

    Ibelin, la première que j'aie aimé, et c'est en fredonnant celle-ci que Maman s'est aperçu le bien que cela me faisait : elle chantait pour elle-même dans la voiture, en attendant le retour de son père, et j'étais sur ses genoux ; moi qui étais stressée, j'ai grincé des dents de plaisir !

    Quant à Farewell, Maman l'a mis dans la rubrique "Quelques chroniques", dans sa chronique sur Terrienne de Jean-Claude Mourlevat.

    Où en étions-nous ? Ah oui. Ben j'ai bientôt fini mon récit, en fin de compte ! Il me reste à vous parler de mes "onks", qui font beaucoup rire Maman. Voyez-vous, je ne suis pas un lapin ordinaire : je pousse souvent de petits cris très spéciaux, entre le grognement et le gémissement, qui ressemblent à des "onk". Toute la famille se fiche de moi quand je le fais, je ne vois pas pourquoi. Je les pousse quand j'ai fait une bêtise et que Maman s'approche pour me renvoyer loin du lieu du crime, ou quand elle s'apprête à me remettre dans ma cage, ou quand elle arrive avec des granulés et qu'elle n'est pas assez rapide à me servir...

    Oh, il faut que je vous dise aussi que je veux tout le temps sortir, et que du coup, je fais un potin d'enfer : je mordille les barreaux de ma cage, je saute partout, du coup Maman met un drap sur ma cage, la nuit, pour que je cesse mon tapage !

    J'aime de plus en plus les câlins, j'en demande désormais à longueur de journée. Avant, je faisais la folle pendant des heures et c'était seulement quand j'en avais marre de jouer que Maman pouvait me caresser, mais maintenant, c'est le contraire : je joue, mais dès que Maman pose sa main sur moi, je me calme, je file sur mon coussin et je me roule en boule tandis qu'elle me câline. J'adore ! Je lui fait plein de léchouilles sur le nez et sur les doigts, de plus en plus, et même quand elle ne m'a pas caressée de la journée, j'aime lui faire des bisous de lapin. Quant à Clochette, elle s'habitue petit à petit à ma présence et ne s'enfuit plus quand elle me voit. Même, elle se couche maintenant sur le sol, près de moi, et quand je déboule sur elle, elle se contente de m'observer sans bouger, ne cessant pas de ronronner. Un jour, je dormirai entre ses pattes. Obligé ! D'ailleurs, elle aurait un peu plus confiance en moi si je n'avais pas eu la délicatesse de lui monter dessus comme si elle était un coussin... Maman veille désormais à ce que ça ne se reproduise plus. Je l'aime, Maman ! Dès que je la vois, je suis heureuse ! Mes grands yeux et mes petites oreilles s'ouvrent bien grand, ma petite queue remue même quelquefois !

    Vous voulez voir des photos récentes ? Tenez, je vous en montre...

    Maman est derrière mon épaule, elle me regarde vous parler et elle râle parce qu'aucune des photos n'est capable de vous montrer réellement à quoi je ressemble : il n'y a pas l'étincelle d'espièglerie, l'excitation et la tendresse mêlées, la malignité, tout ça quoi... Eh eh, si c'était moi qui les prenais, les photo, je suis sûre que ce serait mieux, mais bon, j'ai les griffes trop longues. J'ai déjà un mal de chien à taper sur le clavier, vous ne pouvez pas savoir ! Ma préférée reste la dernière que je vous ai présentée, j'y ai vraiment une tête ressemblante à celle de la vraie vie ! N'est-ce pas que je suis adorable ? Non, je ne suis pas vantarde, voyons ! Je suis juste lucide, je vous vois bien, tous, en train de vous extasier sur moi, attendez, je ne suis pas aveugle ! Les gros yeux, les grandes oreilles, le nez et le corps arrondis, vous adorez ça, ne niez pas. Surtout que les gars, vous ne m'avez pas encore caressée, et je vous jure que je suis plus douce qu'un chat, on dirait une peluche particulièrement soyeuse. Maman aime enfouir ses doigts dans ma toison.

    Bon, va falloir vous laisser parce que c'est l'heure de manger, et j'ai drôlement faim, moi ! Déjà que j'ai passé l'après-midi à essayer d'établir mille et un plans d'attaque pour accéder au seau de granulés... Généralement, ils se résument à un passage en force dans le placard dès que la porte s'entr'ouvre, et à une attaque à dents découvertes sur le couvercle qui ne s'ouvre jamais assez vite pour que je puisse échapper aux mains vengeresses de Maman. Ah, jvous jure ! En plus, j'aperçois Clochette qui est encore allée se fourrer dans MA cage en mon absence, elle le fait parfois, ça lui prend comme ça... Je vous assure, c'est vrai ! Même qu'elle essaie de rentrer dans ma cabane en s'aplatissant comme une crêpe, mais il y a toujours ses fesses qui sortent, que voulez-vous, tout le monde ne peut pas avoir ma taille de mannequin. Même pas vrai que j'ai des fesses plus rondes que celles de Clochette !! Non !! Pas vrai !! 

    Ah, ben si Maman aussi est contre moi sur ce coup-là, ben moi, je vais bouder. Salut.

     

    PS : tout de même, il faut que je vous dise ça : il y a quelques jours, j'ai saigné ! Parfaitement, j'ai saigné de la patte, et beaucoup en plus, j'en ai mis sur le parquet, des trainées, des taches, des gouttes, et même sur le mur, dans ma cage, sur la paille... Maman a tout nettoyé et, horreur, pour voir d'où je saignais, elle m'a attrapée et RETOURNEE !! Beurk beurk beurk, je lui ai fait la tête pendant toute la journée, mais bon, c'est oublié. Comment ? Pourquoi j'ai saigné ? Aucune idée. Je crois que j'ai dû me casser encore une fois la figure et comme j'ai les griffes un peu longues, ça m'a peut-être ouvert un peu, entre les doigts... Mais rassurez-vous hein, je vais très bien ! Je ne me suis même pas aperçue que je saignais, alors...

     

     

     

     

     

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    Vous souhaitez adopter un lapin, vous ne savez pas si vous pouvez, vous ne savez pas où le trouver, vous désirez savoir comment vous en occuper ? Voici le fruit de nombreuses recherches, assorti de très bons conseils venant d'un professionnel.

    Suivez le guide !



     

    Les bonnes raisons pour avoir un lapin :

     

    * il s'attache à son maître, mais il faut lui laisser le temps : pour moi, ça a pris environ un mois, mais ça varie. Il est fidèle, peut faire la fête au maître.

    * il est friand de câlins ; s'il vous lèche, c'est qu'il vous aime beaucoup.

    * il est propre (pelage brillant, sans odeur ; crottes sèches non-odorantes et pas salissantes ; urine peu odorante ; on peut même lui apprendre à faire dans une litière)

    * il n'aboie pas, ne se fait pas écraser sur la route d'en face puisqu'il vit en intérieur.

    * à l'achat il coûte plus cher qu'un chat, mais après, il est peu cher : les granulés s'achètent trente euros le seau qui dure cinq ou six mois pour un lapin ; les carottes coûtent moins d'un euro le kilo, le foin quelques euros mais pareil, le paquet dure longtemps. le plus cher, c'est sûrement la litière, mais nous en parlerons après.

    * il peut très bien vivre dans un appartement.

    * il peut vous suivre en vacances si vous prévoyez une cage là où vous allez (vous pouvez acheter une cage un peu plus petite que celle que vous avez chez vous - 80 cm de long, 50 cm de large et de haut - , et l'emporter dans la voiture, elles se démontent)

    * Si vous aimez dorloter un animal, vous serez servis avec le lapin. Il adore qu'on s'occupe de lui.

    * ...

    Les inconvénients quand on a un lapin :


    * la cage se change entièrement au maximum une fois par semaine, sinon le lapin peut tomber malade (vider toute la cage et éponger le fond, puis remettre du propre)

    * il est entièrement dépendant : tous les jours il faut le nourrir matin et soir et comme il est dans une cage, il ne peut pas se nourrir tout seul. Pas question de le laisser seul chez vous plus d'une journée.

    * il faut le sortir de sa cage au moins une heure par jour, pour qu'il se dépense. Certaines personnes laissent leur lapin en liberté dans leur maison comme on le ferait avec un chat, mais je vous conseille de surveiller car généralement, les lapins sont trop curieux et risquent de se blesser ou de se tuer.

    * ils grignotent très souvent les meubles, à quelques exceptions près. Il vous faudra protéger vos fils de téléphone et d'appareils électroniques de telle façon que le lapin n'y ait pas accès.

    * ils ont la santé fragile s'ils sont en courant d'air, dans une cage très sale, avec un autre lapin malade, s'ils sortent dans le jardin sans être vaccinés (voir vétérinaire).

    * il faut leur couper les griffes tous les six mois. Personnellement, j'emmène Thalie chez le vétérinaire, j'ai trop peur de lui faire mal.

     

    Les précautions à prendre avec un lapin :


    * attention à la cohabitation lapin/chien ou lapin/chat : le lapin n'est pas ordinairement une proie pour le chat, mais chat comme chien peuvent avoir des gestes de jeu ou d'agressivité qui peuvent s'avérer fatals pour le lapin. Donc, prudence, ils peuvent cohabiter mais il faut les surveiller quand ils sont tous deux en liberté dans la même pièce.

    * Peut-on faire cohabiter deux lapins ensemble ? Ou un lapin et un hamster ?

    Deux lapins ensemble, oui, mais attention : il faut être certain que ce ne sont pas un mâle et une femelle, sinon vous aurez des petits tous les trois mois. Vous pouvez stériliser un des deux lapins. Si ce sont deux mâles, ils s'entretueront, à moins d'une exception. Si ce sont deux femelles, elles peuvent s'entendre mais ce n'est pas forcé. Dans tous les cas, il faut prévoir plusieurs cages et tester, sans être sûr qu'ils s'entendront dans une même cage.

    Pour la cohabitation hamster/lapin, c'est aussi possible mais le hamster ne mange pas la même chose que le lapin, il sent plus mauvais et a des maladies qui peuvent se transmettre au lapin, donc attention. Pareil, il n'est même pas forcé qu'ils s'entendent.

    * Attention : ne pas donner n'importe quel aliment au lapin. Premièrement, beaucoup d'aliments comme certains légumes sont nocifs pour les lapins, et deuxièmement, un changement de régime trop rapide, sans transition, donne la diarrhée aux lapins et la diarrhée, c'est très dangereux pour cet animal, il ne faut pas que ça dure plus d'un jour. Exemple : pas de laitue, pas de radis, pas de patates, pas de tomate... Je vous communiquerez après ce qu'on peut leur donner.

    * Ne jamais porter un lapin en se tenant debout, toujours rester accroupi, car s'il tombe, il va se briser les reins et il faudra le piquer.

    * ... si j'ai d'autres idées, je vous le dirai. 


    Un lapin convient-il à un étudiant ?

     

    Un étudiant peut tout à fait avoir un lapin, à supposer bien entendu qu'il ait un peu de place dans son studio pour y placer une cage à lapin. De plus, il faut faire attention car si vous êtes en résidence universitaire, les animaux sont interdits. Si vous louez un studio en ville, faites juste attention à ce qu'aucun meuble ou fil ne soit abîmé, sinon vous pourrez dire adieu à la caution...

    Je suis étudiante et j'ai acquis Thalie alors que je vivais dans un studio de 15 m2, et ni elle ni moi ne nous sommes senties à l'étroit ; elle qui adore grignoter n'a fait aucun dégât sur le matériel du studio car quand elle sortait, je la surveillais. Je rentrais aussi chez moi presque tous les week-ends en train et Thalie le supportait bien, par-contre il faut bien choisir votre lapin si vous voyagez car un lapin très anxieux ne supportera pas ces voyages répétés. Il faut penser que non seulement vous les déplacez, mais en plus vous traversez une gare bruyante, traversée par des trains vraiment très bruyants (-__-) etc. 

    En tout cas, en terme de place, le lapin demande peu, ce n'est pas comme le chat ou le chien. Le studio lui convient parfaitement.

    DUREE DE VIE DU LAPIN : une lapine vit de nos jours, si elle est bien traitée et ne mange pas trop riche (je vous donnerai après le régime alimentaire) environ 8 à 12 ans, donc attention, quand vous prenez un lapin, vous vous engagez pour tout de même pas mal d'années, ce n'est pas comme le hamster ou la souris. Le mâle, lui, vivra 7 à 8 ans, d'après l'éleveur.

     

    Un lapin ou une lapine ? 

     

    Vous vous demandez ce qui serait le mieux pour vous entre un lapin et une lapine ? 

    Comme les chats ou les chiens, les femelles ont des différences de caractère avec les mâles.

    Les femelles : elles sont souvent plus espiègles, plus vives, assez joueuses, énergiques. Défaut éventuel : elles sont parfois territoriales, surtout en période de chaleurs si elles ne sont pas stérilisées. Je dis cela mais Thalie, à présent qu'elle me fait confiance, me laisse mettre ma main dans sa cage sans problème et pour l'instant, je touche du bois, ses chaleurs éventuelles n'ont pas influé sur son comportement. Ca dépend donc des individus ; je pense qu'une femelle qui a confiance en son maître ne se montrera pas agressive envers lui de toute façon.

    Les mâles : ils sont souvent plus mous, peut-être un poil plus câlins même si Thalie est très, très câline aussi (là encore, ça dépend des individus) mais ne s'entendent pas entre mâles et il est possible que si vous nes les castrez pas, ils fassent régulièrement pipi partout (et là, c'est odorant).

    Quoi qu'il en soit, attention donc à la cohabitation mâle-femelle, je le redis car il suffit de trente secondes pour que la femelle soit enceinte.

    Je parle régulièrement de castration : chez les lapins, c'est bien moins commun que chez les chats. Ca coûte plus cher et il faut vous assurer que le vétérinaire a été formé pour opérer les lapins, car c'est complexe, l'anesthésie peut tuer l'animal bien plus facilement qu'un chat si ce n'est pas effectué avec une main d'expert. Je rappelle que le lapin est devenu animal de compagnie depuis peu de temps, donc tous les vétérinaires ne sont pas formés pour soigner ces petites bêtes.

     

    Combien coûte un lapin ?

     

    Il faut compter plusieurs choses, il n'y a pas que le lapin en lui-même qui coûte de l'argent.

    - le lapin : en animalerie, environ 30 euros, voire un peu plus ou un peu moins, ça dépend. Chez un éleveur, cela varie énormément : il y a des éleveurs amateurs qui peuvent vendre leurs lapins 15 à 20 euros, d'autres plus réputés qui les vendent jusqu'à 70 euros.

    - la cage : 60 euros environ.

    - la cabane, les gamelles si elles ne sont pas vendues avec la cage : 12 euros environ la cabane, mais ça peut monter jusqu'à 30 euros ; 3 à 5 euros la gamelle je crois.

    - la nourriture : 30 euros le seau de granulés (qui vous dure cinq à six mois), 6 euros 50 le sac de foin (qui dure quatre ou cinq mois), moins d'un euro le kilo de carottes.

    - la litière : en tout une vingtaine d'euros, pour plusieurs mois (le détail plus bas).

    - la cage de transport : une petite trentaine d'euros.

    - éventuellement les jouets : rajoutez une vingtaine d'euros.

    N'oubliez pas que si vous êtes étudiant ou si vous avez l'habitude de partir en vacances dans une maison familiale, il vous faudra peut-être acheter une autre cage pour éviter de vous trimballer l'énorme cage toutes les semaines dans le train ou la voiture. Moi, j'ai trois cages mais je les ai achetées sur Internet à des particuliers, et j'ai eu d'importantes réductions : je les ai achetées à 20 euros chacune.

     

    Les arnaques à éviter : 

     

    Quand vous achetez un lapin, il n'est pas rare que des vendeurs dans les animaleries viennent vous voir pour vous vendre n'importe quoi. Ainsi, on a voulu me vendre :

    - des granulés pour jeunes lapins, plus chers ; mon éleveur m'a certifié que Thalie était nourrie aux granulés normaux depuis sa naissance et je n'ai jamais eu de problème avec ça alors ne vous laissez pas avoir !

    - un pseudo médicament pour faciliter le transit intestinal, que le vendeur prétendait indispensable, carrément vital, et qui coûtait 12 euros. L'éleveur n'en a jamais donné à ses lapins en quarante ans de carrière, j'ai suivi ses conseils et Thalie se porte comme un charme.

    - des vitamines : surtout pas, il y en a déjà dans les granulés, c'est déjà largement suffisant.

    - des granulés aux ingrédients non mélangés (les granulés ont différentes formes et couleurs) : il ne faut pas car le lapin peut ne pas aimer un ou plusieurs des ingrédients pourtant importants pour sa santé et ne pas les manger. Du coup, ça fait des carrences.

    - des biberons à eau : vous pouvez en acheter mais à ce qu'il paraît, c'est mieux quand le lapin lappe directement son eau dans une gamelle d'eau. Evidemment, l'inconvénient c'est que si la gamelle d'eau n'est pas placée dans un lieu où le lapin ne passe pas, il y aura rapidement des saletés dans l'eau... De toute façon, quoi qu'il arrive, l'eau doit être changée tous les jours.

    - autre chose aussi, les gamelles en plastique qui sont vendues avec la cage ou séparément ne sont pas les meilleures car le lapin les retourne facilement et répand ainsi ses granulés dans sa paille. Cependant, dans certaines cages, un système pour maintenir la gamelle en place existe.

     

    Où acheter mon lapin, et comment choisir ?

     

    Alors. Vous avez la solution de l'animalerie, plus pratique dans la proximité et où les lapins sont souvent moins chers que chez l'éleveur, ou bien donc, l'éleveur.

    - L'animalerie : le problème, c'est que souvent, les lapins y sont très jeunes, trop même, car plus ils sont petits, plus ils sont mignons et l'animalerie peut prétendre qu'ils ont leur taille adulte ; vous pensez ainsi acheter un lapin nain et vous vous retrouvez avec un énorme lapin de plus de deux kilos. Il faut savoir que les animaleries ne vendent presque jamais de "purs nains", elles font un croisement entre un parent nain et un parent lapin normal. Si ça ne vous dérange pas d'avoir un gros lapin, tant mieux, mais sachez que plus le lapin est gros, plus il faut une cage consistante. 

    Mais l'autre problème qui découle du fait d'acheter un lapin trop jeune, c'est qu'il est fragile et que la séparation de sa mère le traumatise ; soit il risque de mourir quelques jours après son adoption, soit il risque de devenir agressif, ou excessivement peureux. 


     

     


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